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Tunisie: le chef du principal syndicat appelle à le « défendre » après des critiques présidentielles
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Le chef du principal syndicat tunisien, l’UGTT, a appelé lundi à « défendre l’organisation et ses valeurs » après une manifestation contre son siège pour des allégations de corruption, soutenue par le président Kais Saied.
« Nous ne serons pas réduits au silence », a déclaré Noureddine Taboubi, lors d’une réunion d’urgence de la direction de l’UGTT, après la manifestation, décrite par le syndicat comme une « tentative d’assaut » de son siège par des partisans du président Saied.
L’UGTT a été co-lauréate en 2015 du Prix Nobel de la Paix pour son rôle dans le processus de transition démocratique en Tunisie, après la révolution de 2011.
La centrale, fondée en 1946 et pilier des contestations contre la colonisation française et les autocrates Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali, reste très influente sur le plan politique et social.
Jeudi dernier, des dizaines de manifestants, brandissant des pancartes contre « la dilapidation de l’argent du peuple », s’étaient massés devant le siège de l’UGTT au centre de Tunis, l’accusant d’être « une mafia » et réclamant le départ de ses dirigeants.
La nuit suivante, le président Saied a apporté son soutien aux manifestants, assurant dans une vidéo que contrairement aux dires de l’UGTT, ils n’avaient « ni l’intention de pénétrer dans les lieux ni d’agresser qui que ce soit ».
« Certains dossiers doivent être absolument ouverts, le peuple exige des comptes afin que ses biens lui soient restitués », a-t-il néanmoins ajouté à l’adresse du syndicat.
En ce qui concerne les accusations de corruption, « celui qui a un dossier n’a qu’à recourir à la justice, nous ne sommes pas au-dessus des lois », a affirmé M. Taboubi, en faisant « une question de dignité et d’honneur ».
Plusieurs organisations de défense des droits comme le syndicat des journalistes SNJT, la branche tunisienne de Ligue des droits de l’homme et le Forum tunisien des droits économiques et sociaux (FTDES) ont apporté leur soutien à l’UGTT.
Le FTDES a exprimé « sa solidarité totale et sans réserve » avec l’UGTT et tous les syndicalistes, victimes, selon lui, de « campagnes de dénigrement et harcèlement ».
Depuis un coup de force de M. Saied par lequel il s’est emparé des pleins pouvoirs en juillet 2021, les ONG tunisiennes et internationales dénoncent une régression des droits et libertés avec la mise en détention de dizaines d’opposants politiques, journalistes, avocats et militants de la société civile.
