Tunisie: libération d’un condamné à mort pour des publications sur le président

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Kais Saied Tunisie
Le président tunisien, Kais Saied. DR

Un homme, condamné à la peine de mort en Tunisie pour avoir partagé sur Facebook des publications jugées comme portant atteinte au président Kais Saied, a été relâché, a annoncé mardi son avocat à l’AFP.

Il a été grâcié par le président tunisien Kais Saied, a précisé quelques heures plus tard Me Oussama Bouthelja à l’AFP. L’affaire a fait scandale dans le pays. Des défenseurs des droits y ont vu un « précédent très grave » qui « trahit l’état critique de la justice en Tunisie ».

Saber Ben Chouchane, âgé de 51 ans et en détention depuis janvier 2024, avait été condamné la semaine dernière à la peine capitale par un tribunal de Nabeul (nord), pour des publications sur Facebook « considérées comme portant atteinte au président, à la ministre de la Justice et à la justice », selon Me Bouthelja.

Si la justice tunisienne continue à prononcer régulièrement des condamnations à la peine capitale, notamment dans des affaires de terrorisme, un moratoire est appliqué de facto depuis 1991.

Lire aussi. Tunisie: un homme condamné à mort pour atteinte au président Kais Saied sur Facebook

Dans la nuit de lundi à mardi, « sa famille m’a contacté et m’a dit qu’il était rentré et qu’il était à la maison », a dit à l’AFP l’avocat de Saber Ben Chouchane. « La dernière démarche que j’ai effectuée en tant qu’avocat a été le dépôt d’une demande d’appel vendredi », a-t-il précisé.

Tunisie, recul des droits de la liberté

L’avocat a indiqué à l’AFP qu’il avait été informé que son client avait retiré son recours en appel, ce qui a permis sa libération à la suite de la grâce présidentielle.

Depuis que le président Saied s’est octroyé les pleins pouvoirs lors d’un coup de force en juillet 2021, les défenseurs des droits humains dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie, berceau du Printemps arabe.

Des dizaines d’opposants, avocats, journalistes et militants de l’aide aux migrants sont emprisonnés, soit en vertu du décret 54 sur les fausses informations, soit pour des motifs liés à la législation antiterroriste.

Le Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) avait dénoncé la condamnation de Saber Ben Chouchane, la qualifiant de « bévue monumentale » à l’encontre d’un « père de trois enfants ».

Me Bouthelja avait expliqué avoir été « choqué » en apprenant le verdict. « Je n’y ai d’abord pas cru (…). Puis j’ai été choqué, stupéfait, sidéré », avait-il affirmé.

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