La justice tunisienne a condamné à de lourdes peines de prison cinq personnes accusées d'avoir…
Tunisie: l’ONU dénonce les lourdes de peines dans l’affaire du «complot»
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Le Haut Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a dénoncé jeudi la condamnation pour « complot » de dizaines de personnalités tunisiennes, jugeant que leur droit à un procès équitable avait été violé.
« Le processus a été entaché par des violations du droit à un procès équitable et du droit à une procédure régulière, suscitant de graves inquiétudes quant aux motivations politiques », a déclaré Volker Türk cité dans un communiqué.
Un tribunal de Tunis a infligé de lourdes peines samedi allant jusqu’à 66 ans de prison dans un procès inédit pour « complot » contre le président tunisien Kais Saied, intenté à une quarantaine de personnalités incluant des figures de l’opposition. Un jugement dénoncé par des ONG mais aussi les autorités françaises et allemandes.
Le Haut-Commissariat évoque des accusations « larges et vagues », dans son communiqué.
« J’exhorte également la Tunisie à s’abstenir d’utiliser une législation sur la sécurité nationale et la lutte contre le terrorisme pour faire taire la dissidence et restreindre l’espace civique », a écrit Volker Türk.
Depuis le coup de force par lequel M. Saied s’est octroyé les pleins pouvoirs à l’été 2021, ONG et opposants ont déploré une régression des libertés dans le pays berceau du Printemps arabe en 2011.
Volker Türk s’inquiète aussi de l’arrestation d’un avocat de la défense, Me Ahmed Souab, 70 ans, placé sous mandat de dépôt mercredi pour avoir mise en cause l’indépendance de la magistrature pendant le procès.
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« Ce développement soulève des préoccupations supplémentaires concernant la capacité des avocats à représenter leurs clients, et la sécurité des professionnels du droit », souligne Türk.
Il a insisté pour que tous les accusés soient garantis de leurs droits complets à une procédure régulière et à un procès équitable lors du processus d’appel. « Les accusations doivent être abandonnées lorsqu’il n’y a pas suffisamment de preuves d’actes illégaux commis », insiste t-il.
Le Haut-Commissaire a demandé une nouvelle fois à la Tunisie « de mettre fin aux persécutions politiques, détentions, arrestations arbitraires et d’emprisonnement » de dizaines de défenseurs des droits de l’homme, d’avocats, de journalistes, d’activistes et de politiciens, et de « respecter tous leurs droits humains, y compris les droits à la liberté d’opinion et d’expression ».
Il réclame que tout ceux qui sont « détenus arbitrairement soient immédiatement libérés et sans condition ».
« La Tunisie était un modèle et une source d’inspiration pour de nombreuses nations de la région après la transition politique de 2011, et j’espère que le pays reviendra sur le chemin de la démocratie, de l’Etat de droit et des droits de l’homme », écrit encore le responsable onusien.
