Organisée par la Fédération Marocaine de l’Assurance (FMA), la 11e édition du Rendez-vous de Casablanca…
“Paroles d’Experts”/Spécial Assurances. Abdessamad El Angoudi (Gallagher Re): «Les défis climatiques au cœur de la réassurance»
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Deuxième épisode de notre série “Paroles d’Experts” au cœur du 11e Rendez-vous de Casablanca de l’Assurance, avec un focus sur la réassurance climatique. Notre invité, Abdessamad El Angoudi, responsable des ventes paramétriques EMEA chez Gallagher Re, nous explique comment les technologies d’intelligence artificielle peuvent aider à mieux anticiper les risques liés aux catastrophes naturelles.
Quelques instants après avoir animé un panel sur les impacts des changements climatiques dans le secteur, Faïçal Tadlaoui accueille Abdessamad El Angoudi sur le plateau mobile de “Paroles d’Experts”. Au cœur du débat : les outils concrets utilisés pour faire face à la multiplication des événements extrêmes comme les inondations, la sécheresse ou encore les feux de forêt.
Depuis plusieurs années, la société de réassurance où évolue El Angoudi contribue activement à la structuration de produits innovants au Maroc, notamment à travers le Fonds de solidarité contre les événements catastrophiques (FSEC). Aujourd’hui, c’est par l’intelligence artificielle et les données de nouvelle génération que se dessinent les réponses d’avenir.
Des données satellites pour évaluer les sinistres
Désormais, l’IA permet une exploitation fine de données, en particulier celles issues des satellites. Dans des zones rurales parfois inaccessibles, ces outils aident à mesurer des indicateurs comme la végétation, la sécheresse ou la quantité de culture disponible. Ils permettent d’apporter des réponses plus fiables et plus rapides à des sinistres.
«Il est parfois très compliqué d’envoyer un expert sur place. L’intelligence artificielle nous aide à s’approcher au maximum de la réalité du terrain», explique l’invité.
Anticiper les risques de demain
Les récentes précipitations enregistrées à Marrakech illustrent bien la complexité du phénomène. Si elles sont positives sur le moment, elles favorisent une croissance végétale importante. En cas de sécheresse dans les semaines suivantes, cette végétation peut devenir inflammable et aggraver les risques d’incendie.
«Il suffit d’un mois de mai et d’un mois de juin très secs pour que toute cette végétation se transforme en matière à feu», alerte El Angoudi. C’est ce que les experts appellent le « fuel » dans les modèles prédictifs.
Quand certaines terres ne sont plus assurables
Le constat est clair : certaines zones du sud du Maroc ne peuvent plus être couvertes par des assurances multirisques agricoles. Les conditions climatiques rendent ces terres trop risquées ou plus cultivables. Un phénomène qui pourrait s’étendre si aucune mesure d’adaptation n’est prise.
Mais le privé ne peut porter seul cette charge. «Il faut des partenariats publics-privés. L’État peut intervenir pour financer une partie des primes et soutenir les agriculteurs dans leur adaptation», insiste l’expert. Une approche collaborative, considérée comme essentielle pour préserver le secteur.

