La juge Malika El Amri condamnée à trois ans de prison ferme

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La juge Malika Amri condamnée à trois ans de prison ferme et une amende de 2000 dirhams
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Le tribunal correctionnel de première instance de Aïn Sebaâ à Casablanca a condamné, jeudi soir, la juge à la retraite Malika El Amri à trois ans de prison ferme et à une amende de 2.000 dirhams.

Poursuivie pour entre autre «diffusion et distribution de fausses allégations et faits dans le but de porter atteinte à la vie privée» et «diffamation» de hauts responsables judiciaires, la juge devra interjeter appel.

Cette affaire remonte au 28 juin dernier, lorsque la chaîne Al Hayat Al Yaoumia a diffusé une vidéo de l’ancienne juge où elle parlait de l’«appropriation par une mafia» d’un terrain appartenant à son père, évalué à plus de 600 millions de dirhams, en mentionnant les noms de hauts responsables judiciaires.

Dans sa vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, Mme El Amri adressait des messages au Roi Mohammed VI, en sa qualité de «premier juge», concernant le dossier foncier. Elle évoquait également les circonstances de l’affaire et déclarait que «la justice est mourante» et qu’elle était «entrée en soins intensifs», citant les noms de personnalités judiciaires à qui elle attribuait de graves actions.

La somme des accusations 

Dans la foulée, le parquet de Casablanca a ordonné à la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) d’ouvrir une enquête approfondie sur ces accusations et de vérifier leur véracité.

La juge, âgée de 68 ans, a été placée en détention après avoir été initialement présentée en liberté par la BNPJ, pour «diffusion et distribution de fausses allégations et faits dans le but de porter atteinte à la vie privée des personnes et de les diffamer», «outrage aux magistrats», «outrage à la police judiciaire en dénonçant un crime dont elle savait qu’il n’avait pas eu lieu», «outrage à une organisation légalement constituée» et «mépris des décisions judiciaires par des propos visant à porter atteinte à l’autorité et à l’indépendance de la justice», ainsi que «des déclarations publiques visant à influencer les décisions des magistrats avant le prononcé d’un jugement définitif».

34 ans au service de la justice

Malgré les nombreuses demandes de la défense pour qu’elle soit libérée sous caution, le tribunal a rejeté les requêtes, et le ministère public s’y est constamment opposé. La défense de la juge retraitée avait déjà déclaré que sa cliente était âgée de plus de 70 ans et qu’elle souffrait de plusieurs maladies, affirmant que, en plus de son diabète, elle avait perdu connaissance à plusieurs reprises.

Santé détériorée

Son procès avait été reporté fin juillet en raison de sa maladie. Dans une déclaration à la presse, la fille de la juge retraitée a précisé que sa mère se trouvait à l’hôpital Mohammed V de Casablanca (Hay Mohammadi). «Après avoir été auditionnée pendant 20 jours par les éléments de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) à propos de sa vidéo, dont la dernière fois remonte au lundi 22 juillet, elle a été déférée devant le substitut du procureur près le tribunal d’Aïn Sebaa», a-t-elle raconté dans une émission du journaliste Hamid Mahdaoui.

«Après une audience en référé, le parquet a décidé de la poursuivre en détention. Ma mère n’a pas supporté la nouvelle, elle s’est évanouie avant d’être transférée à l’hôpital», a-t-elle poursuivi.

«Les médecins ont découvert qu’elle avait comme une sorte de caillot sanguin et un CRP (protéine C réactive) très élevé, en plus des maladies chroniques qu’elle a, notamment le diabète», a-t-elle regretté. «Sa situation est très préoccupante, car elle a déjà eu, il y a quelques années, deux AVC (attaques cérébrales) et elle vient de contracter le Covid-19. Le médecin nous a dit qu’elle a des troubles des fonctions olfactives et gustatives», a-t-elle ajouté.

En plus d’être en quarantaine, la juge de 68 ans a eu une encéphalopathie hypertensive, selon la même source. Cette pathologie se traduit chez elle par des altérations de la vigilance, affirme la pharmacienne.

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