Le procès des anciens dirigeants du Parti Authenticité et Modernité (PAM), Saïd Naciri et Abdenbi…
Procès «Escobar du Sahara»: la défense de Bioui remet en cause les procès-verbaux
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La défense de l’ancien dirigeant du Parti Authenticité et Modernité, Abdel Nabi Bioui, a relevé, vendredi, «les contradictions et les erreurs dans les procès-verbaux de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ)».
Le procès «Escobar du Sahara», dans lequel sont impliqués plusieurs figures du PAM, dont Saïd Naciri (ancien président du Wydad) et Abdel Nabi Bioui (ancien président du Conseil régional de l’Oriental), ainsi que 26 autres accusés, dont deux sont en liberté provisoire, s’est poursuivi ce vendredi 20 décembre 2024 à la Cour d’appel de Casablanca.
Réservée aux demandes préliminaires, cette audience a vu l’intervention de l’avocat d’Abdel Nabi Bioui, Me Mohammed El Hassani Krout, qui a vivement critiqué les procès-verbaux de la police judiciaire, à l’instar de la défense de Saïd Naciri lors des audiences précédentes.
Me El Hassani Krout a d’abord précisé que ses plaidoiries sur la forme ne remettaient pas en cause les parties concernées, notamment la police judiciaire. Il a insisté sur le fait que la police judiciaire avait traité son client de manière humaine, affirmant qu’«il n’a subi aucune forme de maltraitance, ni à la police ni devant le juge d’instruction».
Procès équitable et respect des formalités
«Nous discutons maintenant de leur travail, il y a des erreurs dans ce dossier qui ont causé des préjudices à mon client», a-t-il souligné, notant: «Notre objectif est de corriger ces erreurs». Il a également insisté sur le fait que les principes d’un procès équitable exigent la protection des règles de forme, de l’enquête préliminaire jusqu’au jugement.
Dans ce cadre, Me El Hassani Krout a soulevé des vices de forme relatifs à l’enquête préliminaire, en insistant sur la violation de plusieurs articles, dont les articles 18 et 24 du Code de procédure pénale. L’avocat a indiqué que le procès-verbal de la police judiciaire était accompagné d’une préface contenant des faits incorrects, soulignant que «l’officier de police judiciaire a outrepassé ses compétences et s’est substitué au ministère public», qualifiant la préface de «préjugé avant conviction».
Nombre et couleurs contradictoires
Selon l’avocat, la préface contenait des contradictions concernant le nombre et le type de camions. Me El Hassani Krout a mentionné la page 13 de la préface, où l’officier, auteur du document, a affirmé que la société d’El Haj Ben Brahim, alias «Escobar du Sahara» ou «le Malien», avait envoyé cinq camions à Abdel Nabi Bioui, puis deux camions rouges ont été envoyés plus tard.
L’avocat a ajouté que «l’étrange, c’est que l’officier a déclaré que les investigations avaient prouvé la véracité des déclarations du Malien», et il s’est interrogé: «Où sont les procès-verbaux des enquêtes, car selon lui, il n’y a aucune enquête à ce sujet ?». Il a également insisté sur le fait qu’«il n’y a aucune justification pour l’ajout de cette phrase par l’officier», estimant que cela visait à tromper tout le monde.
L’avocat a aussi affirmé que les déclarations du Malien étaient contradictoires et non soutenues par une enquête, ajoutant: «Je m’adresse à ce sujet au procureur général».
Absence de précision
L’avocat a mis en évidence que «Escobar du Sahara» ne disait que qu’il avait envoyé des camions, mais ne précisait ni à qui, ni quand, ni comment ils avaient été envoyés. Les procès-verbaux de la police, a-t-il relevé, indiquent que le camion jaune, saisi dans l’affaire de drogue de 2015, selon les déclarations d’El Haj Ben Brahim, faisait partie d’une cargaison de drogue de 48 tonnes. Les déclarations de celui-ci dans les procès-verbaux de la police judiciaire ont confirmé que ce camion était jaune, et non rouge comme indiqué dans la préface des procès-verbaux.
L’avocat Krout souligne que la couleur jaune n’a rien à voir avec la couleur rouge mentionnée dans la préface, et qu’il y a aussi une contradiction concernant le type des camions.
Ainsi, Krout s’est demandé: «Pourquoi l’officier auteur de la préface a-t-il ignoré les déclarations d’une personne nommée Hamad, qui a indiqué avoir transporté les deux camions à Fès ? Et pourquoi a-t-il également ignoré les déclarations d’une autre personne, nommée Tawfiq, qui a déclaré qu’Abdel Nabi Bioui avait reçu 11 camions, puis a mentionné dans un autre procès-verbal que cinq camions avaient été envoyés à une société où Bioui était présent lors de leur arrivée, et que deux camions avaient été envoyés sans préciser leur lieu et leur moment d’envoi, l’un ayant été envoyé à Meknès et l’autre à un cambiste ?».
Lire aussi: Escobar du Sahara: la défense invoque la nullité des PV de la BNPJ
Rappelons que la défense de l’ancien président du Wydad de Casablanca et dirigeant du Parti Authenticité et Modernité, Saïd Naciri, avait invoqué lors des précédentes audiences la nullité des procès-verbaux de la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) en raison de plusieurs irrégularités de procédure.
