Consommation dans les cafés: la mise au point de la Fédération face à la polémique

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Une polémique a récemment agité la toile autour de la limitation du temps passé dans certains cafés des grandes villes et des zones touristiques, ainsi que de l’exigence imposée à la clientèle de renouveler la consommation après une ou deux heures.

Aujourd’hui, les cafés dépassent leur rôle initial de simples lieux de consommation de boissons. Ils sont devenus des refuges pour une large population en quête d’un lieu de travail propice, loin des cadres habituels, en particulier les étudiants et employés en télétravail. Cependant, plusieurs consommateurs ont récemment dénoncé des pratiques «abusives» dans certains établissements, où l’on exige une nouvelle consommation en fonction du temps passé. De nombreux internautes ont exprimé leur colère face à ce qu’ils considèrent comme «une tentative d’augmenter les gains au détriment des clients».

La polémique a été relancée à la suite d’une photo prise dans un café à Larache, montrant une affiche placée à l’entrée stipulant que les clients ne pouvaient pas rester plus de 15 minutes en raison de la forte affluence.

Contacté par H24info, Noureddine El Harrak, président de la Fédération nationale des propriétaires de cafés et restaurants du Maroc (FNPCR), a précisé qu’il s’agit d’un cas isolé, car aucune décision officielle n’impose de telles restrictions dans le secteur. Selon lui, même si les cafés traversent une crise profonde, la Fédération rejette catégoriquement toute mesure obligeant les clients à consommer davantage en fonction du temps passé. «Des efforts seront déployés pour interdire ces pratiques, jugées contraires au confort et à la confiance du consommateur», assure-t-il.

Lire aussi: Frais bancaires: les associations de consommateurs dénoncent les hausses «abusives»

Pour El Harrak, la véritable crise du secteur est d’ordre structurel et ne résulte pas du comportement des clients. Elle est liée notamment aux charges fixes unifiées malgré les disparités territoriales, aux taxes imposées et à d’autres problématiques connexes. La solution passe, selon lui, par une réforme des taxes fiscales «injustes», qui constituent un obstacle majeur au développement et à la stabilité du secteur. «Il faut surtout chercher des solutions radicales pour surmonter la crise.»

Droit à une consommation libre et équitable

De son côté, Hassan Aït Ali, président de l’Observatoire marocain pour la protection du consommateur, rappelle qu’un café ou un restaurant peut fixer ses propres règles de fonctionnement interne, notamment de durée et de consommation minimale, entre autres, à condition qu’elles soient clairement affichées et portées à la connaissance du client.

«En revanche, exiger d’un client de renouveler sa consommation après une ou deux heures, sans qu’aucune mention préalable ne figure dans le règlement intérieur ou à l’entrée de l’établissement, peut être considéré comme une pratique abusive et contraire à la loi 31-08 relative à la protection du consommateur, laquelle consacre le droit à une information claire et loyale», précise notre interlocuteur.

Dans ce cas, explique Aït Ali, le consommateur dispose de plusieurs recours: «D’abord, demander des explications au gérant, vérifier si la règle est affichée, ensuite, saisir les autorités locales compétentes en cas de comportement jugé abusif ou discriminatoire.» Il peut également alerter l’Observatoire, qui pourra transmettre le dossier aux services concernés et défendre les droits du consommateur.

L’Observatoire rappelle enfin que le consommateur marocain a droit à une consommation libre et équitable, et que toute restriction doit être transparente, proportionnée et conforme aux dispositions légales en vigueur.

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