Financement : 57% des PME marocaines jugent les taux d’intérêt trop élevés (enquête)

Publié le
TPE Assises
99% des 150 000 défaillances seraient des TPE selon le rapport

Une PME marocaine sur deux, peine encore à accéder à un financement formel auprès d’une banque ou d’un établissement financier. C’est l’un des constats majeurs d’une enquête menée par la Banque européenne d’investissement (BEI) et dont les résultats ont récemment été relayés dans la presse locale.

Il s’agit du second volet de l’enquête menée par la BEI, en partenariat avec l’Union européenne (UE), dans le cadre du programme “Trade and competitiveness programme“ (TCP). Réalisée auprès de 150 dirigeants de PME marocaines opérant dans des chaînes de valeur stratégiques, telles que le textile, l’agroalimentaire, et l’automobile, cette enquête a mis en lumière les freins persistants à la structuration financière de ce tissu productif national.

Selon les données publiées par la BEI, 35 % des PME interrogées déclarent avoir dû recourir à des sources informelles, comme des proches, des amis, et leurs réseaux personnels; pour financer leur activité. Une pratique jugée «risquée, peu durable et inadaptée aux besoins de financement importants», précise le communiqué qui a sanctionné la sortie du rapport. Par ailleurs, 15 % des entreprises rapportent avoir essuyé un refus de prêt, tandis que seulement 1 % affirment n’avoir jamais sollicité de financement, formel ou informel. Ce dernier chiffre illustre la dépendance quasi généralisée des PME marocaines à la recherche de capitaux, quelle qu’en soit la source.

Financement freiné par les conditions d’accès et des contraintes structurelles

Mais au-delà des refus, ce sont les conditions d’accès au crédit qui cristallisent les difficultés. L’enquête révèle que 57 % des dirigeants jugent les taux d’intérêt peu avantageux, 50 % dénoncent des garanties exigées trop importantes, et 26 % estiment leurs fonds propres insuffisants pour répondre aux critères bancaires. Ces chiffres traduisent une inadéquation persistante entre les exigences du système financier et la réalité opérationnelle des PME marocaines.

Investissement Bourse

À ces barrières tangibles s’ajoutent des contraintes plus structurelles. 53 % des répondants évoquent des procédures lourdes et complexes, 27 % déplorent le manque d’accompagnement, et 26 % pointent une information insuffisante sur les options de financement disponibles. L’enquête indique que ces éléments, combinés, limitent la capacité des PME à mobiliser les dispositifs existants, malgré les efforts de simplification engagés par les institutions financières.

Lire aussi. TPME: Orbit 2030, le nouveau dispositif d’accélération de Maroc PME

«Même avec des opportunités solides à l’international, obtenir un crédit reste un défi. Les conditions sont rarement adaptées à la réalité des PME. On nous demande des garanties que nous ne pouvons pas fournir, et les taux sont souvent trop élevés», témoigne un dirigeant marocain cité dans l’enquête.

L’enquête souligne également l’impact direct du manque de financement sur la capacité d’exportation. Plus d’un tiers des dirigeants identifient ce facteur comme un obstacle majeur à l’internationalisation. Si 40 % des PME déclarent exporter, elles le font à une échelle restreinte, faute de moyens suffisants pour se structurer et répondre aux exigences des marchés étrangers.

Au Maroc, la BEI rappelle avoir signé un accord de partenariat avec la Banque Centrale Populaire (BCP) pour développer une ligne de crédit dédiée aux PME exportatrices. Cette initiative s’inscrit dans une logique de structuration des chaînes de valeur, avec un ciblage précis des secteurs à fort potentiel.

La rédaction vous conseille

Les titres du matinNewsletter

Tous les jours

Recevez chaque matin, l'actualité du jour : politique, international, société...

Financement : 57% des PME marocaines jugent les taux d’intérêt trop élevés (enquête)

S'ABONNER
Partager
S'abonner