La Chambre des conseillers a validé jeudi le PLF 2026, tandis que Fouzi Lekjaa a…
Loi de finances 2026: entre détente fiscale et mesures sociales, un tournant pour les ménages et les PME
Publié le
La note synthétique sur les principales mesures fiscales de la Loi de finances, qu’a publiée ce mercredi le ministère de l’Economie et des finances, met en relief une réduction de la pression fiscale sur les ménages et les petites et moyennes entreprises (PME), ainsi que les mesures ciblées de soutien au pouvoir d’achat. De quoi concilier équité fiscale, compétitivité économique et cohésion sociale.
La première avancée notable relevée par cette note synthétique concerne la réduction de la pression fiscale sur les ménages et les petites structures économiques. Ainsi, pour les salariés, la révision du barème de l’impôt sur le revenu (IR) adoptée en 2025 se poursuit avec un relèvement de la réduction pour charges de famille. Le montant annuel passe de 500 à 600 dirhams par personne à charge, avec un plafond relevé à 3 600 dirhams pour six personnes. Cette mesure, applicable dès janvier 2026, vise à mieux refléter les réalités sociales et à alléger la charge fiscale des foyers.
Du côté des entreprises, la Loi de finances 2026 introduit un dispositif incitatif pour les institutions de microfinance transformées en sociétés anonymes. Au lieu d’être soumises au taux de 40 % applicable aux établissements de crédit, elles bénéficieront du taux de droit commun : 20 % pour les PME et 35 % pour les grandes entreprises. Il est dit dans la note que ce régime transitoire de cinq ans encourage la formalisation et la professionnalisation du secteur, tout en maintenant sa vocation sociale. Les PME profitent ainsi d’une fiscalité plus adaptée à leurs capacités, renforçant leur compétitivité et leur potentiel de croissance.
Soutenir le pouvoir d’achat et la cohésion sociale
Un autre fait souligné par le document, c’est que la Loi met également en avant des mesures destinées à soutenir directement le pouvoir d’achat des citoyens. Il s’agit, par exemple, de l’exonération de la TVA sur les pâtes alimentaires courtes non cuites, les matières fertilisantes et supports à usage agricole, etc. L’objectif étant de réduire les coûts pour les agriculteurs et, par ricochet, stabiliser les prix alimentaires.
Sur le plan social, les retraités du secteur privé bénéficient d’une avancée majeure : les pensions complémentaires versées par la CIMR sont désormais exonérées d’IR, rejoignant ainsi les retraites de base déjà exonérées depuis 2025. Une mesure qui renforce l’équité fiscale et améliore le revenu net des retraités; catégorie particulièrement sensible aux fluctuations du coût de la vie.
Enfin, l’exonération de la TVA sur le sang et ses dérivés, avec droit à déduction, traduit une volonté de garantir un accès équitable aux produits médicaux essentiels, en réduisant leur coût pour les citoyens et les établissements de santé.
Loi de finances 2026, une réforme progressive et comparative
Il apparait clairement dans cette note synthétique que la LF 2026 ne constitue pas une rupture, mais l’aboutissement d’un processus engagé depuis 2023. En matière d’impôt sur les sociétés, la réforme de 2023 avait amorcé l’unification des taux et la réduction de la pression sur les PME. En 2024, la TVA avait été simplifiée avec l’instauration de deux taux et l’exonération des produits de base. En 2025, l’IR avait été révisé pour alléger la charge des salariés et exonérer les retraites de base.
Lire aussi. PLF 2026: la Chambre des représentants adopte le texte en deuxième lecture
Le cycle se poursuit cette année en ciblant des secteurs spécifiques (transport maritime, microfinance, agriculture, santé) et en renforçant les mesures sociales. Elle illustre une logique de progression : après avoir posé les bases de la neutralité fiscale et de l’équité, le Maroc affine son dispositif pour répondre aux besoins concrets des ménages et des entreprises.
En comparaison avec les réformes précédentes, la LF 2026 se distingue par son orientation plus sociale et sectorielle. Elle ne se limite pas à des ajustements techniques, mais cherche à traduire la réforme fiscale en impacts tangibles sur le quotidien des citoyens et la compétitivité des PME. En ce sens, elle marque une étape décisive vers un système fiscal stabilisé, équitable et adapté aux ambitions de croissance et de cohésion sociale du Royaume.
