Instruction générale de l’Office des changes 2026: les TPME et les étrangers grands bénéficiaires

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IGOC 2026 CGEM Office des changes
Driss Benchikh, à gauche, et Chakib Alj, à droite, respectivement directeur de l'Office des changes et Président de la CGEM

L’Instruction générale de l’Office des changes (IGOC) pour l’année 2026 intègre un nombre important de mesures d’assouplissement, notamment en faveur des TPME et des étrangers, résidents ou non. C’est l’un des points qui ressort de la présentation effectuée mardi par l’institution au siège de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM).

Lors de cette rencontre, Chakib Alj, le président de la CGEM a rappelé l’importance d’un cadre juridique plus lisible et prévisible pour les entreprises, en particulier les jeunes structures et les TPME. Il a insisté sur la nécessité de garantir la sécurité juridique des investisseurs et de ne pas assimiler des opérations normales de gestion à des infractions.

Pour le patron des patrons, la nouvelle instruction générale de l’Office des changes (IGOC), quoique constituant une étape importante, doit aller plus loin pour faire du régime de change un véritable levier de compétitivité et de confiance. Cela dans un contexte où le Maroc connaît une accélération majeure de ses investissements et de ses projets structurants.

La nouvelle IGOC marque un tournant pour les startups, les TPME et les investisseurs étrangers. Driss Benchikh, directeur général de l’Office des changes, a insisté sur la volonté de simplifier et d’assouplir le cadre réglementaire afin de soutenir leur compétitivité. En témoigne le relèvement à 10 millions de dirhams de l’investissement autorisés à l’international. Une mesure qui ouvre de nouvelles perspectives aux jeunes pousses marocaines.

Autre avancée majeure: les investisseurs étrangers résidents au Maroc peuvent désormais transférer leurs revenus d’investissement, même en l’absence de justificatif de financement initial, jusqu’à 2 millions de dirhams (MDH) pour des investissements de plus de dix ans. Cette disposition corrige une incohérence du cadre précédent et renforce l’attractivité du Maroc pour les capitaux étrangers.

Les exportateurs de services bénéficient également d’une simplification: ils peuvent alimenter leurs comptes en devises à hauteur de 15 % du montant d’un marché étranger, sans lourde documentation.

IGOC: des réformes élargies pour les autres opérateurs

L’IGOC 2026 introduit aussi des assouplissements pour les entreprises établies et les particuliers. Les dotations voyage ont ainsi été relevées à 1 MDH pour les sociétés sans compte en devises et 1,5 MDH pour les opérateurs disposant de comptes convertibles. Pour les particuliers, la dotation personnelle atteint désormais 500.000 DH, avec une majoration supplémentaire de 400.000 DH. Enfin, les étudiants à l’étranger voient leurs plafonds mensuels relevés à 15.000 DH.

Lire aussi. IGOC 2026: la CGEM et l’Office des changes renforcent leur dialogue

Le commerce électronique bénéficie quant à lui d’un soutien renforcé: la dotation annuelle passe à 2 MDH pour les jeunes entreprises, et à 20.000 DH pour les particuliers. Les entreprises nouvellement créées, même sans IS ou IR, peuvent obtenir une dotation de 50.000 DH dès l’immatriculation au registre de commerce.

L’Office élargit également l’accès aux instruments de couverture contre les risques de change, de taux et de prix des matières premières, en garantissant que ces opérations répondent à des besoins réels et non spéculatifs. Les sociétés installées dans les zones d’accélération industrielle bénéficient de facilités pour ouvrir des comptes en devises et gérer leurs opérations internationales.

Digitalisation et cadre réglementaire modernisé

La réforme ne se limite pas aux mesures financières. Elle s’accompagne d’une refonte du cadre réglementaire et d’une digitalisation accrue. La nouvelle instruction clarifie les droits et obligations des opérateurs, réduit la charge documentaire et harmonise les procédures déléguées aux banques. «L’idée, c’est de mettre en place un cadre juridique lisible, simple et accessible, qui ne connaît pas de marge d’interprétation entre l’opérateur économique, le banquier et l’expert», a expliqué Driss Benchikh. Dans ce cadre, la plateforme de l’institution, «Smart», a déjà traité la majorité des autorisations en 2025.

Sur le plan macroéconomique, le patron de l’office a part ailleurs rappelé qu’au cours de l’année 2025, les réserves de change ont atteint 455 milliards de DH (MMDH), les importations 822 MMDH et les exportations 469 MMDH, portées par l’automobile, le phosphate, l’agroalimentaire et l’aéronautique. Les recettes de voyage (140 MMDH), celles des MRE (122 MDH) et les IDE (76 MMDH) ont contribué à absorber un déficit commercial de 355 MMDH.

Il faut noter que l’IGOC 2026 s’inscrit pleinement dans la stratégie 2025‑2029 de l’Office des changes, qui vise à simplifier la réglementation, renforcer la relation avec les usagers et préserver les équilibres extérieurs. Cette réforme place les jeunes entreprises et les investisseurs étrangers au cœur, modernise l’administration et consacre le régime de change comme levier de compétitivité.

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