IGOC 2026: des mesures inédites pour doper l’investissement et l’export

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IGOC 2026 Business meeting
Abdelmouttalib Berrada, chef de la division réglementation à l'Office des changes, instruisant sur l' IGOC, 9 juin 2026 ©H24

Lors de la 3e édition du Business Meeting by BOA organisée mardi à Casablanca, l’Office des changes a présenté les grandes lignes de la refonte de l’Instruction générale des opérations de change (IGOC) 2026, mettant en lumière la démarche de concertation qui a conduit à ce dispositif, les changements majeurs introduits et les avantages offerts aux investisseurs et exportateurs.

C’est devant un auditoire multicomposite, fait d’experts bancaires, de chefs d’entreprises et d’institutionnels, que l’Office des changes a fait ce que l’on pourrait qualifier à juste titre de « grand reveal » des dispositifs de l’IGOC 2026. Il est certain que face à la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), la question avait été soulignée par le directeur général de l’institution, mais de mémoire, cet exercice de décryptage des dispositifs, dans leur esprit et dans leur lettre, est sans doute l’un des premiers opérés par l’Office. Pour la circonstance, Abdelmouttalib Berrada, chef de la division Réglementation et Affaires juridiques à l’Office des changes, a adopté une posture pédagogique en trois étapes.

La première partie de son intervention a rappelé le cheminement qui a conduit à l’élaboration de l’IGOC. Le responsable de l’Office a indiqué qu’avant 2011, chaque opération était encadrée par une circulaire distincte, ce qui entraînait une complexité excessive. «En 2011, nous avons regroupé l’ensemble des circulaires en un seul document, permettant aux banques d’exécuter les opérations sans recours systématique à l’autorisation préalable», a-t-il expliqué.

Depuis lors, plusieurs ajustements ont été opérés: une révision en 2012‑2013, une refonte en 2019, et cette dernière réforme en 2026 jugée « extraordinaire ». Abdelmouttalib dira que cette évolution est le fruit d’un processus participatif. «Chaque instruction publiée est le résultat de concertations avec les fédérations, associations et institutions publiques. Nous avons tenu 132 réunions et mené des études d’impact pour que le dispositif reflète les besoins réels du marché», a‑t‑il précisé.

Spécificités et changements majeurs

Dans la seconde partie de son intervention, le Chef de la division réglementation et affaires juridiques de l’Office des changes a dévoilé les changements majeurs de la réforme. Il en ressort que la nouvelle IGOC introduit des simplifications et des assouplissements notables. Les banques disposent désormais d’une délégation explicite pour exécuter la majorité des opérations, tandis que certaines transactions sensibles restent soumises à un droit de regard de l’Office. «Nous devons parfois intervenir, par exemple sur les « management fees » ou les droits d’entrée des franchises, afin de protéger l’opérateur et garantir l’équilibre macroéconomique», a indiqué l’intervenant.

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Parmi les évolutions marquantes figurent l’augmentation des dotations pour voyages professionnels et pour l’e‑commerce, la possibilité pour les start‑ups labellisées d’investir directement à l’étranger jusqu’à 10 millions de dirhams, ou encore l’assouplissement des règles pour les investisseurs étrangers souhaitant transférer des dividendes. A cela s’ajoute également la catégorisation des opérateurs qui constitue également une avancée majeure: elle permet aux entreprises jugées fiables de bénéficier de facilités accrues, comme le règlement anticipé des importations ou l’accès élargi aux comptes en devises.

IGOC 2026, que d’opportunités et d’avantages offerts

La troisième et dernière partie de l’intervention a mis en lumière les avantages que la réforme apporte aux opérateurs, notamment les exportateurs et investisseurs. Abdelmouttalib Berrada a souligné qu’au‑delà des aspects techniques, l’IGOC 2026 ouvre de nouvelles perspectives pour ces derniers. Et d’expliquer que les entreprises titulaires de marchés à l’étranger peuvent désormais alimenter leurs comptes en devises à hauteur de 15 % du montant du contrat, précisant que cette mesure simplifie la gestion et renforce la visibilité financière. «Notre objectif est d’accompagner l’opérateur pour qu’il soit compétitif à l’échelle internationale, tout en préservant l’équilibre macroéconomique.»

Par ailleurs, les exportateurs de services bénéficient de facilités accrues, comme l’ouverture de comptes à l’étranger ou la possibilité de régler directement certaines factures depuis le Maroc. Les investisseurs étrangers, quant à eux, disposent de garanties supplémentaires pour sécuriser leurs opérations, notamment grâce à la reconnaissance des engagements actifs et passifs. Enfin, la digitalisation du dispositif, avec la mise en place de plateformes de dépôt et de suivi des demandes, constitue un avantage concret pour les opérateurs, réduisant les déplacements et accélérant le traitement des dossiers.

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L’on retient en définitive que l’IGOC 2026 marque une étape décisive dans la modernisation de la réglementation des changes au Maroc. Fruit d’une large concertation, elle combine simplification, flexibilité et protection des opérateurs. L’ambition derrière est « de donner aux entreprises les moyens de saisir les opportunités, d’investir et d’exporter dans un environnement mondial exigeant », a conclu Abdelmouttalib Berrada.

En somme, la réforme de ce dispositif, avec les changements majeurs apportés, s’inscrit pleinement dans la dynamique de compétitivité et d’ouverture internationale du Royaume. Au bénéfice des investisseurs et exportateurs.

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