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Mehdi Tazi à la tête de la CGEM: fédérations, entrepreneurs, syndicats… Attentes multiples mais confiance partagée
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À peine élus à la tête de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri suscitent un mélange d’attentes sectorielles et d’optimisme général. Les fédérations professionnelles, chacune avec ses priorités, voient dans l’arrivée de ce tandem une opportunité de relancer des chantiers structurants et de consolider la place du patronat dans l’économie nationale et africaine.
Jeudi dernier, la nouvelle paire dirigeante de la CGEM a récolté plus de 91% des voix pour poursuivre le travail accompli par Chakib Alj. Un score fleuve dans lequel la voix des fédérations, faîtières et associations a compté pour beaucoup. Au-delà de la simple formalité, étant donné qu’il s’agissait plus d’un plébiscite que d’un vote, les acteurs du tissu économique interrogés par H24Info portent beaucoup d’espérances vis-à-vis de ce mandat. Des espérances qui, quoique divergentes au regard des secteurs, se rejoignent dans une conviction commune: le binôme Tazi-Bachiri n’est pas un choix par défaut.
À la tête de la Fédération des industries forestières, des arts graphiques et de l’emballage (FIFAGE), Mounir El Bari perçoit ce mandat sous le prisme de «la souveraineté industrielle et nationale». Un postulat qu’il pose au regard des contraintes majeures auxquelles l’appareil industriel marocain fait face, en termes d’intrants, d’importations et autres, dans un contexte de crise énergétique et de chantiers structurants.
Dans cette situation, El Bari et ses pairs veulent «valoriser tout ce que le Maroc est à même de produire, aussi bien dans les mines que dans les déchets issus de la production». Pour eux, les trois prochaines années devraient être mises à profit pour s’attaquer en profondeur aux «grands problèmes de restructuration de la gestion des déchets».
Pour illustrer son propos, il évoque le nouveau cahier des charges adopté par Casablanca en matière de collecte: «Nous sommes un peu inquiets concernant ce cahier de charges puisque la majorité de tout ce qui est ramassé partira au grand incinérateur de Casablanca. Donc quid de la collecte et quid de l’économie circulaire?»
L’Afrique comme horizon stratégique
Autre secteur, autre attente: celle de la Fédération des industries minérales (FDIM). «Ce que nous attendons de ce binôme aujourd’hui, c’est un équilibre entre activités de services et industrielles, avec une industrie qui a la place qu’elle mérite vraiment au sein des différentes instances de la CGEM», affirme Mohammed Cherrat, son président. La FDIM plaide pour une meilleure synergie entre les secteurs, dans une logique de Made-in-Morocco et de complémentarité des chaînes de valeur.
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Cherrat insiste sur l’ouverture africaine: «Dans le secteur minier, c’est un secret de polichinelle que l’Afrique détient plus de 30 % des stocks mondiaux. Tout l’enjeu, c’est d’aller vers la transformation de cette richesse au lieu d’exporter la matière première à l’état brut». Pour lui, la CGEM version Tazi doit foncer sur l’Afrique. «L’Afrique a tous les atouts pour aller vers une complémentarité de ces chaînes de valeurs, des chaînes de valeurs intégrées, régionales. Et nous devons jouer réellement. L’enjeu, il est là», lâche-t-il, incisif.
Et d’enfoncer le clou en évoquant le projet royal du corridor atlantique: «Le projet royal du corridor atlantique répond parfaitement à cette attente et à cet enjeu d’aller chercher, encore une fois, cette complémentarité entre nous et de veiller à ce que la matière première soit enrichie, transformée et que ces retombées soient au profit de la population, au profit des pays, au profit de l’Afrique.»
Entrepreneuriat féminin et startups
Les femmes ne sont pas en marge de cette dynamique. Saluant les réussites passées, l’Association des femmes cheffes d’entreprise du Maroc (AFEM) mise sur Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri pour renforcer l’ancrage des femmes dans le tissu entrepreneurial. «Vous trouvez l’industrie, vous trouvez la finance, et une expérience accumulée au sein de la CGEM», explique une responsable, avant d’ajouter «c’est un binôme qui n’a pas été parachuté, mais qui s’inscrit dans la dynamique de la continuité».
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Dans la foulée, Moncef Belkhayat, entrepreneur à succès, affiche un optimisme marqué. Pour lui, Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri réussiront à dynamiser l’écosystème des startups et à rendre la CGEM plus entrepreneuriale. «C’est un binôme exceptionnel», affirme-t-il, convaincu que cette nouvelle direction favorisera le retour de nombreux jeunes talents marocains.
Confiance tous azimuts
Un optimisme que ni Mounir El Bari, ni Mohammed Cherrat, ni l’AFEM ne mettent en doute. «Ils nous rassurent dans la mesure où on les connaît très bien, on a déjà travaillé avec eux et nous allons mettre la main dans la main pour essayer de dépasser toutes les contraintes», souligne le président de la FIFAGE, confiant en la complémentarité entre Mehdi Tazi, expert des services, et Mohamed Bachiri, industriel invétéré.
Cette unanimité se retrouve même du côté des syndicats, notamment l’Union marocaine du travail (UMT), dont le président Miloud Moukharik insiste sur l’importance du dialogue social et du respect des droits des salariés. «Ce sont de braves gens. Nous les citons en exemple», affirme-t-il. À propos de Mehdi Tazi, il ajoute que «c’est un monsieur qui croit aux vertus du dialogue social et des relations professionnelles». De quoi renforcer l’espoir d’une paix sociale pérenne.
En clair, l’élection du 14 mai dernier ne marque pas une simple transition à la tête de la CGEM. Elle ouvre un mandat où les attentes sont multiples: souveraineté industrielle, ouverture africaine, entrepreneuriat féminin et dialogue social. Mais dans cette diversité, une conviction commune se dessine: Mehdi Tazi et Mohammed Bachiri disposent de la confiance du secteur privé et des partenaires sociaux.
