CGEM: les principaux regrets de Chakib Alj

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CGEM Chakib Alj Bilan
Standing ovation pour Chakib Alj, président sortant de la CGEM, 15 avril 2026, DR

Au terme de ses deux mandats à la tête du patronat marocain, Chakib Alj a dressé un bilan «extrêmement positif». Entre réformes du climat des affaires, capital humain et inclusion, il a mis en avant des avancées notables. Mais derrière ce satisfecit, deux chantiers inachevés demeurent: le Code du travail et la loi sur la formation professionnelle continue, qu’il considère comme ses principaux regrets.

Au siège social de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), sis au quartier Palmier de Casablanca, Chakib Alj, président en fin de mandat et non rééligible selon les textes de l’organisation, a présenté un bilan extrêmement positif. Et les arguments ne manquent pas: réévaluation du SMIG de plus de 30 % en six ans de mandature – «Aucun autre président n’a pu réaliser cela», a‑t‑il clamé –, raccourcissement des délais de paiement, indispensable pour prévenir les faillites dues à des délais trop longs, abattement de l’impôt sur les sociétés (IS) des TPME de 40 à 20 %, de quoi aérer leur trésorerie et mise en œuvre du dispositif inscrit dans la charte d’investissement en faveur des petites entreprises. À cela s’ajoutent la loi sur la grève, des études, des réformes de gouvernance… Autant d’acquis qui confirment la pertinence des orientations prises durant ses deux mandats.

Le Code du travail, un chantier inachevé

Mais derrière ce satisfecit, quelques regrets subsistent. Car sous le gouvernorat Chakib Alj et Mehdi Tazi, tout n’a pas été que succès. Certains chantiers «inachevés» demeurent, au premier rang desquels le Code du travail. Même s’il estime que les amendements souhaités par l’organisation ne constituent en rien une révolution par rapport à l’existant, Chakib Alj juge essentiel qu’ils soient pris en compte.

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«C’est quelque chose d’important qui va permettre à l’industrie de se développer et à l’emploi de croître», a‑t‑il affirmé. Il a notamment pointé le rythme de croissance effréné des sociétés d’intérim pour défendre une approche plus équilibrée dans la relation entre employeurs et employés.

CGEM: la formation continue, un nœud gordien

Autre regret: la non‑conclusion de la loi sur la formation professionnelle continue. Un sujet ancien, véritable nœud gordien que six années passées au sommet du patronat marocain n’ont pu dénouer. Pourtant, la volonté n’a pas manqué: «Nous l’avons défendue avec constance. C’était d’ailleurs le deuxième axe de notre programme pour ce second mandat», a‑t‑il assuré. «C’est un système dans lequel toutes les entreprises cotisent et seulement 1% en bénéficient», a‑t‑il déploré.

Le président de la CGEM a affirmé être parvenu à construire une vision cible pour réformer sa gouvernance et son financement, quasiment en accord avec l’État. Bloqué depuis mars 2000, le dossier devrait trouver une issue après son départ, ce qui ne serait pas un problème en soi, puisque son successeur n’est autre que son colistier Mehdi Tazi. Cependant, prévient‑il, «il faut maintenant délivrer. Car sans compétences, il n’y a ni productivité, ni montée en gamme.»

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Même si ces deux chantiers non aboutis jettent une ombre au tableau, Chakib Alj a assuré avoir «bien avancé», tout en rappelant les conditions particulières de son passage à la tête du patronat. Arrivé à l’orée de la crise du Covid, il part en plein conflit au Moyen‑Orient, dont les répercussions sur le secteur privé sont indéniables.

Loin d’être de simples angles morts, ces chantiers témoignent de la complexité des réformes structurelles engagées sous une mandature déjà largement élogieuse. La résolution prochaine de ces deux dossiers, devenus des enjeux clés pour la compétitivité du secteur privé, s’inscrit désormais dans la continuité naturelle d’un travail de fond. Le dénouement attendu viendra ainsi parachever une dynamique de performance durable, dont Chakib Alj a su préparer le terrain avec rigueur.

En clair, si la mandature de Chakib Alj restera marquée par des réalisations structurantes pour l’entreprise marocaine, elle pose également les jalons indispensables pour les réformes à venir. Loin d’être des impasses, les dossiers du Code du travail et de la formation continue constituent désormais un héritage stratégique prêt à être transformé. En passant le témoin à son colistier Mehdi Tazi, Chakib Alj assure une transition fluide et cohérente, offrant au secteur privé la stabilité nécessaire pour transformer ces défis en nouveaux leviers de performance et de compétitivité.

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