CGEM: après 6 ans de rupture de ban, la CM-TPME veut embrasser une nouvelle ère

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Mehdi Tazi de la CGEM et Abdellah El Fergui de la CM-TPME
Mehdi Tazi, président de la CGEM, et Abdellah El Fergui, président de la CM-TPME. ©DR

Abdellah El Fergui, président de la Confédération marocaine des TPE et PME (CM-TPME), a salué l’élection du binôme Mehdi Tazi-Mohamed Bachiri à la tête de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), espérant une rupture d’avec les approches antérieures.

L’accalmie avant la tempête? Nul ne saurait le dire, mais le fait est qu’Abdellah El Fergui, président de la Confédération marocaine des TPE et PME (CM-TPME), a publié, vendredi 15 mai, un communiqué dans lequel il félicite le binôme Mehdi Tazi-Mohamed Bachiri pour son élection à la tête de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). Ce n’est pas tout, dans ce communiqué, l’un des plus farouches opposants du patronat ces 6 dernières années, souhaite même «un mandat courageux et à la hauteur des défis économiques auxquels font face les entreprises marocaines».

Il convient de rappeler qu’Abdellah El Fergui a été l’un des plus fervents critiques de la gouvernance de la CGEM ces 6 dernières années, leur reprochant de ne pas porter dignement la voix des petites entreprises. Il a même porté cette contestation au point de demander des voix parlementaires dédiées aux petites entreprises.

Abdellah El Fergui change de fusil d’épaule

Mais à travers ce communiqué, il semble que le leader de la CM-TPME a décidé de changer de fusil d’épaule, ou, mieux, de le ranger et prôner le dialogue. Tout porte à le croire, même si l’homme prend soin de rappeler dans sa note un «contexte particulièrement critique» pour les petites entreprises. Abdellah El Fergui illustre cela avec les chiffres tirés de la récente étude intitulée «TPE: Le Moteur Enrayé».

Lire aussi: Mehdi Tazi élu nouveau président de la CGEM

Pour rappel, dans ce rapport, la CM-TPME dresse un tableau pour le moins sombre de la situation des TPE et PME: plus de 52.000 fermetures en 2025, soit une TPE disparaissant toutes les 10 minutes. En cause, la Confédération pointe  une fragilité chronique de trésorerie, un accès au financement quasi inexistant  et une exclusion structurelle des marchés publics. Cela, alors que «les TPE représentent 97 % du tissu entrepreneurial national et 83 % de l’emploi privé». De quoi faire dire à l’organisation que les petites entreprises  ne peuvent continuer à être la périphérie des politiques économiques alors qu’elles en sont le socle.

CGEM: nouveau mandat, rupture réelle

«La CM-TPME espère que ce nouveau mandat marquera une rupture réelle avec les approches antérieures, souvent caractérisées par des discours généraux déconnectés des réalités vécues par les très petites entreprises», lit-on dans le communiqué. En somme, c’est une nouvelle ère qu’appelle Abdellah El Fergui, comme l’atteste l’invite suivante: «Nous appelons la nouvelle présidence à ouvrir, dès les premières semaines de son mandat, un dialogue structuré et honnête avec l’organisation représentative des TPE-PME, fondé sur la vérité des chiffres et la justice économique.»

Comme preuve de sa bonne foi pour cette paix des braves qu’il appelle de tous ses vœux, Abdellah Fergui «invite formellement» Mehdi Tazi à participer aux première Assises nationales des TPE les 27 et 28 juin prochain à Casablanca. «Sa présence serait le premier signal fort d’une nouvelle ère de coopération institutionnelle entre la CGEM et l’organisation représentative de l’écrasante majorité du tissu entrepreneurial marocain», écrit Abdellah El Fergui, soulignant qu’il est temps de passer des déclarations d’intention à une action mesurable, concertée et courageuse. «La CM-TPME y est prête», conclut-il.

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