Lors d’une conférence de presse organisée ce lundi au siège de la CGEM, Mehdi Tazi…
CGEM : Tazi et Bachiri dévoilent leurs priorités dès leur prise de fonction
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Mehdi Tazi et Mohammed Bachiri ont, à l’occasion de la présentation de leur programme à la tête de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), effectuée lundi à Casablanca, affiché les dossiers qui seront prioritaires et apporté, dans le même temps, des commentaires sur les questions de l’investissement et de l’emploi, de l’intégration industrielle, ainsi que des précisions sur leur doctrine de gouvernance.
La formation professionnelle continue est le premier chantier auquel compte s’attaquer le binôme Mehdi Tazi et Mohammed Bachiri au lendemain de leur plébiscite, prévu le 14 mai prochain, à la tête de la CGEM. Une priorité qui s’explique par l’importance du sujet et par son évolution. En effet, lors de la présentation du bilan du président sortant, il avait été indiqué l’imminence d’une annonce gouvernementale sur la question, au Conseil du gouvernement qui devait suivre. Depuis lors, plusieurs conseils se sont déroulés sans la moindre annonce. Aussi, le duo entend en faire un sujet de prédilection dès sa confirmation à la direction du patronat.
À côté de l’équation complexe de la formation professionnelle continue, le binôme a inscrit à son agenda deux autres questions prioritaires, étroitement liées à la guerre au Moyen-Orient. Comme on peut l’imaginer, la crise a des conséquences directes sur l’approvisionnement en intrants. Tant au niveau industriel qu’alimentaire, le problème persiste : difficultés d’approvisionnement et surenchère sur l’offre, autant d’obstacles évoqués par les deux candidats.
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La troisième priorité concerne la structuration de l’organisation avec la constitution des instances. Au niveau des fédérations et des régions, Mohammed Bachiri et Mehdi Tazi entendent rajeunir les structures et travailler à une plus grande inclusion.
Cette conférence de presse a également été l’occasion pour les deux dirigeants de livrer leurs analyses et commentaires sur certains sujets, tels que l’investissement privé et la création d’emplois, l’intégration locale du tissu industriel et la doctrine sur laquelle sera forgée leur gouvernance.
CGEM: investissement, emplois et intégration locale à la loupe
Parlant de la dynamique entre investissements privés et publics, Mehdi Tazi a indiqué : « En théorie, l’État pourrait intervenir là où le privé ne pourrait pas aller ». Une telle approche donnerait plus de latitude au pouvoir public pour se concentrer sur son rôle de régulateur, en mettant en place les procédures, en favorisant les autorisations, et en facilitant le financement ainsi que l’accès au foncier industriel. C’est à ce prix que la tendance des deux tiers d’investissements — un tiers provenant de l’État et les deux autres du privé — pourrait être atteinte.
Le binôme a aussi fait savoir que cette tendance, plus favorable à la création d’emplois, peine à s’établir dans un contexte où l’échéance de la Coupe du monde 2030 stimule les investissements publics, rendant l’objectif d’inversion plus difficile à atteindre.
S’agissant de l’intégration du tissu industriel, Mehdi Tazi et Mohammed Bachiri ont annoncé leur objectif de parvenir à un taux d’intégration locale de 70 % dans l’ensemble des filières industrielles. Une intégration que le binôme veut verticale et non seulement horizontale. « Prenons l’exemple du secteur automobile où ce niveau d’intégration locale est quasiment atteint par les équipements de rang 1, mais d’une façon horizontale », a expliqué Bachiri. Et d’ajouter : « Notre objectif est d’aller dans la verticalité, c’est-à-dire aller aux mines industrielles pour transformer les produits dont nous avons besoin à partir de la matière première ». Une perspective qui impliquera de basculer davantage vers des partenariats gagnant-gagnant entre acteurs économiques marocains et leurs homologues africains.
Terminant sur le point de la doctrine qui guidera la gouvernance de la CGEM sous le tandem Tazi/Bachiri, dont la devise est de «passer d’une CGEM de plaidoyer à une CGEM d’impact», des précisions ont été apportées. «La logique d’impact n’est pas antinomique au plaidoyer», a simplement clarifié Mehdi Tazi.
À la veille de leur plébiscite à la tête de la CGEM, Mehdi Tazi et Mohammed Bachiri affichent leurs priorités avec la ferme ambition de passer d’une instance de plaidoyer à un levier d’impact, afin d’accompagner le Maroc dans sa dynamique d’investissement et préparer le terrain à l’horizon de la Coupe du monde 2030.
