Maroc: la pétition pour le retour à l’heure GMT entre dans sa phase décisive

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La pétition réclamant le retour à l’heure légale GMT au Maroc franchit une étape décisive.

La commission nationale chargée de l’examen de « l’aide au retour à l’heure légale » a commencé à recevoir les listes de signatures collectées par les coordinateurs régionaux de l’initiative demandant le retour à l’heure légale GMT au Maroc. Mohsen El Wadouari, mandataire de ladite commission, a confirmé àà Hespress que les coordinateurs régionaux ont entamé la transmission de leurs registres définitifs.

Les listes des régions de Laâyoune–Sakia El Hamra et Dakhla–Oued Eddahab ont été réceptionnées en fin de semaine dernière, suivies par celle de Guelmim–Oued Noun, arrivée lundi matin.

Le filtre de la loi organique 44.14

L’ensemble de ces documents va maintenant être soumis à un contrôle rigoureux pour s’assurer de leur stricte conformité avec les exigences de la loi organique 44.14, qui encadre le droit de présenter des pétitions aux autorités publiques.

Ce processus de vérification portera notamment sur la validité des données personnelles de chaque signataire, la conformité réglementaire des formulaires utilisés et la validation du seuil légal requis, fixé à 4.000 signatures.

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Sauf obstacle juridique de dernière minute, El Wadouari indique que la pétition pourrait être officiellement déposée sur le bureau du Chef du gouvernement dans un délai maximal de dix jours. Cette accélération du calendrier politique coïncide avec la publication par la Fédération nationale des associations du consommateur (FNAC), à Casablanca d’une étude scientifique majeure sur les répercussions du maintien de l’heure d’été.

Depuis son adoption par décret en 2018, le passage définitif à GMT+1 n’a jamais cessé de crisper les foyers marocains. En sondant 2.845 citoyens, la FNAC a souhaité poser des données chiffrées sur des doléances jusqu’ici informelles. Le constat est sans appel: le système actuel est à bout de souffle.

GMT+1: réveil dans le noir et insécurité

Le rapport dressait un tableau particulièrement sombre pour la jeunesse marocaine. En hiver, le décalage abyssal entre l’heure légale et le cycle solaire transforme les matinées scolaires en calvaire. A commencer par le sommeil dégradé: 65,1 % des 777 élèves et étudiants interrogés qualifient la qualité de leur sommeil de «mauvaise» ou «très mauvaise» avant de rejoindre les bancs de l’école.

L’insécurité matinale est également pointée. Quelque 61,2 % des apprenants déclarent ne pas se sentir en sécurité lors de leurs déplacements matinaux hivernaux, qui se font dans la pénombre. Une anxiété largement partagée par les parents d’élèves (391 répondants), contraints de composer avec le risque d’agression accru pour leurs enfants.

Le corps enseignant partage ce constat alarmant. Sur les 300 professeurs consultés, 75 % pointent du doigt une hausse flagrante de l’absentéisme et des retards lors de la première séance de la journée en période hivernale.

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Plus inquiétant encore, 91,7 % des enseignants observent un état de fatigue profonde combiné à une instabilité émotionnelle chez leurs élèves. Le verdict pédagogique est implacable: pour 66,6 % des professeurs, la première heure de cours ne sert plus à l’acquisition de savoirs, mais est entièrement sacrifiée à la lutte contre la somnolence généralisée.

Le mirage des économies d’énergie

Lors de l’adoption de la mesure en 2018, l’argument massue du gouvernement reposait sur l’efficacité énergétique. Pourtant, l’enquête de la FNAC vient contredire ce postulat à l’échelle des ménages: 60,8 % des répondants affirment avoir constaté une hausse notable de leur consommation d’électricité et de chauffage le matin.

Loin d’alléger les charges, le GMT+1 alourdit donc le budget des citoyens, qui doivent non seulement payer plus de kilowatts, mais aussi assumer des frais de transport supplémentaires pour sécuriser les trajets de leurs enfants. Pour la majorité des sondés, le gain théorique réalisé par l’État ne se répercute absolument pas dans le portefeuille des Marocains.

Si l’alignement horaire sur les partenaires économiques européens reste la priorité des technocrates, la FNAC plaide pour un arbitrage qui remet l’humain au centre des priorités. La recommandation principale du rapport est claire: un retour au système d’alternance saisonnière (GMT en hiver et GMT+1 en été). Ce compromis permettrait de préserver les longues soirées estivales tout en réalignant l’heure légale sur le cycle biologique durant les mois les plus froids.

Pour les associations de consommateurs, ce dossier hautement social ne peut plus être géré par de simples décrets unilatéraux. Il nécessite désormais une véritable consultation nationale incluant des experts en chronobiologie et les acteurs de la société civile. En attendant, les Marocains continuent de vivre avec cette impression persistante d’avoir une heure de retard sur leur propre horloge biologique.

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