Céréaliculture: la BAD encense le Maroc pour la gestion « hautement satisfaisante » du PADCRC

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La BAD tire un bilan hautement satisfaisant de la gestion du PADCRC par le Maroc

Lancé pour amortir les effets néfastes de la sécheresse sur la production céréalière du Maroc, le Programme d’appui au développement compétitif et résilient de la céréaliculture (PADCRC) vient de recevoir un satisfecit total de son principal bailleur, la BAD.

C’est une note de 4/4 que les évaluateurs de la BAD ont attribué au PADCRC, trois ans après sa mise en œuvre, informe une source médiatique. Initiée dans un contexte de forte sécheresse, venue compliquée les effets post-covid déjà sévères, le PADCRC avait pour ambition de contenir les effets de ladite sécheresse et de pallier les perturbations des marchés mondiaux des céréale.

Des perturbations exacerbées par les conflits internationaux. Financé par la BAD à hauteur de 199 millions d’euros, soit plus de 2 milliards de dirhams, ce programme s’est articulé autour de trois axes. Primo, sécuriser l’approvisionnement; deuxio, amortir les chocs sur les prix; et tertio renforcer la résilience des producteurs.

Pour l’institution panafricaine, la gestion marocaine du programme est «hautement satisfaisante», selon cette source. Elle indique que dans son évaluation, la BAD souligne la mobilisation conjointe des ministères de l’Économie et de l’Agriculture.

Ces deux institutions ont piloté avec maestria les mécanismes de soutien à l’importation et à la production locale. L’Institut national de recherche agronomique (INRA) quant à lui a vu ses missions élargies pour intégrer le suivi des pratiques agricoles et leur diffusion auprès des exploitants.

PADCRC: des mesures pour contenir la volatilité

Dans son articulation, l’évaluation a mis l’emphase sur les différents chantiers entrepris, ainsi que les actions accomplies. Ainsi, dès la mise en place du PADCRC, le Royaume a instauré un prix de référence de 270 DH/quintal pour le blé tendre importé, assorti d’un système de compensation à la sortie des ports.

En parallèle, une subvention de 30 DH/quintal a été octroyée aux acteurs de la filière locale – minoteries et organismes de stockage – en vue de soutenir la commercialisation du blé tendre national.

Par ailleurs, une prime de 2,5 DH/quintal par quinzaine a été instaurée pour fluidifier le stockage. Cela avec un plafond de 10 millions de quintaux pour le blé tendre et 2 millions pour le blé dur. Le volet semencier n’a pas été en reste : 1,1 million de quintaux de semences certifiées ont été distribués à des tarifs bonifiés, avec un réseau de distribution étendu à 400 points de vente.

De plus, le partenariat avec le groupe OCP a permis de sécuriser l’approvisionnement en engrais NPK-Blend, avec 650.000 tonnes livrées pour la campagne 2022–2023. Ce dispositif a été renforcé par un suivi logistique rigoureux et une garantie des stocks.

D’autre part, la BAD a salué les réalisations sociales du PADCRC. À partir de septembre 2022, le salaire minimum agricole garanti (SMAG) a été revalorisé de 10 %. Le programme a introduit le mécanisme «Tasbiq Addaman Al-Ijtimaii», facilitant l’accès des petits agriculteurs à la couverture sociale et à l’Assurance maladie obligatoire (AMO).

Sur le plan financier, les échéances de crédit ont été reportées en partenariat avec le Crédit Agricole du Maroc (CAM), permettant aux exploitants de préserver leur trésorerie. En outre, 45.000 agriculteurs touchés par la sécheresse de juillet 2022 ont bénéficié d’indemnisations accélérées via l’assurance climatique multirisque.

Lire aussi : Céréales, le Maroc toujours plus dépendant des importations (rapport)

BAD : ne évaluation sans équivoque

Au-delà des mesures conjoncturelles, le PADCRC a soutenu des réformes structurelles majeures. Le Registre national agricole a été instauré, offrant une cartographie fine du tissu agricole et facilitant le ciblage des aides publiques.

Le programme a également promu le semis direct sur un million d’hectares, avec des résultats contrastés selon les régions – 355 hectares ont été mis en œuvre dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceïma.

Des techniques de production innovantes ont été introduites pour améliorer la compétitivité du secteur et sa capacité d’adaptation au changement climatique. Le cadre réglementaire a été consolidé par l’adoption du décret n°2.22.136, garantissant la qualité des produits céréaliers, et par des textes soutenant la revalorisation du SMAG et l’accès à la protection sociale.

Enfin, les mesures incitatives à la collecte et au stockage ont été renforcées par une décision conjointe des ministères concernés, afin de sécuriser les volumes produits localement et réduire la dépendance aux importations.

Pour la BAD, le PADCRC incarne une réponse technique et stratégique exemplaire. Sur les 33 mesures prévues, 87 % ont été mises en œuvre sans entrave majeure. L’intégration d’indicateurs dès la phase de conception a permis un suivi rigoureux et une évaluation transparente.

La suspension des droits d’importation sur le blé tendre et dur, combinée à la garantie d’un prix cible, a permis de contenir la volatilité des prix. Les dispositifs de collecte et de stockage ont consolidé l’approvisionnement local, assurant une meilleure souveraineté alimentaire dans un contexte mondial instable.

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