Liban : l’ONU alerte sur la dégradation rapide des conditions de vie

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Liban, Beyrouth,
Les réfugiés libanais sur le front de mer à Beyrouth ce 9 avril.(Crédit photo : FADEL ITANI / AFP)

Les Nations unies ont alerté vendredi sur l’accroissement rapide de l’insécurité alimentaire au Liban, entraîné dans la guerre qui a embrasé la région.

« Les convois du Programme alimentaire mondial (PAM, ndlr) continuent de circuler, mais l’environnement opérationnel devient de plus en plus complexe », a déclaré la directrice de cette agence de l’ONU au Liban, Allison Oman.

« La sécurité ne peut plus être considérée pour acquise, alors même que les besoins augmentent rapidement », a-t-elle souligné aux journalistes à Genève, s’exprimant depuis Beyrouth.

Depuis le début du conflit, dix convois ont pu acheminer de l’aide auprès de 40.000 à 60.000 personnes, selon le PAM, mais « de très nombreux » autres convois n’ont pas pu partir en raison de l’insécurité, a expliqué Mme Oman.

Selon l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR), quelque 150.000 personnes se trouvent encore dans le sud du Liban.

Au-delà des difficultés à acheminer les convois, Mme Oman a souligné que « les chaînes d’approvisionnement sont désorganisées » et que « l’ensemble du système alimentaire est durement touché », mettant en avant les obstacles rencontrés par les agriculteurs pour accéder à leurs terres dans le sud du Liban, ainsi que les répercussions de la hausse mondiale des prix du carburant et des engrais.

Le mouvement chiite Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale au Moyen-Orient le 2 mars, en lançant des missiles sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre l’Iran.

Lire aussi. Liban: le Hezbollah réaffirme son rejet de pourparlers avec Israël

Un cessez-le-feu fragile est en cours entre l’Iran et les États-Unis. La communauté internationale redoute que celui-ci ne soit compromis par la poursuite de la campagne israélienne au Liban.

Le PAM demande un « accès sûr et continu » pour acheminer l’aide nécessaire aux communautés touchées, en particulier dans les zones difficiles d’accès.

La crise au Liban « est en train rapidement de devenir une crise de la sécurité alimentaire », a assuré Mme Oman, expliquant que le PAM observe déjà des signes évidents de hausse des prix des denrées alimentaires, notamment du pain et des légumes, dans tout le pays.

« Pour les familles qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts, la situation est extrêmement préoccupante, et nous assistons actuellement à une conjoncture très inquiétante: les prix augmentent, les revenus sont en baisse et la demande s’accroît », a-t-elle averti, rappelant que le Liban était déjà confronté à une grave crise économique avant cette guerre.

« Avant même cette dernière escalade, environ 900.000 personnes au Liban étaient en situation d’insécurité alimentaire, et notre dernière analyse, qui sera publiée probablement la semaine prochaine, indique que ce chiffre est appelé à augmenter », a-t-elle insisté.

Plus d’un million de personnes ont été déplacées depuis le début de la guerre au Liban.

« 13 hôpitaux ont été endommagés et 6 ont dû fermer leurs portes, ce qui représente une charge immense pour les établissements encore opérationnels », a souligné pour sa part le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Liban, Abdinasir Abubakar, depuis Beyrouth.

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