Entre hausses et baisses, voici la photographie des performances des exportations industrielles relevées par les…
Exportations industrielles : les tops et les flops à fin mars
Publié le
À fin mars 2026, les exportations industrielles marocaines affichent une évolution contrastée. Certaines filières confirment leur rôle de locomotive, tandis que d’autres accusent un net repli, révélant les forces et fragilités du tissu productif national.
Le bulletin de l’Office des Changes pour mars 2026 confirme une progression globale des exportations marocaines (+3,3 % à 120,7 MMDH), mais derrière ce chiffre se dessine un paysage contrasté. Certains secteurs industriels tirent la croissance, tandis que d’autres accusent un net recul, révélant une dynamique à la fois porteuse et fragile.
En premier lieu, le secteur automobile reste le moteur des exportations industrielles. À fin mars, il enregistre une hausse de 12,1 % à 41,9 MMDH, portée par la construction (+23,7 % ou +3,238 MMDH) et le câblage (+10,9 % ou +1,576 MMDH). Seul le segment powertrain recule (-16,8 % ou -550 MDH), mais il ne parvient pas à freiner la dynamique globale.
Dans la même logique, l’aéronautique affiche une progression de 12,6 % à 7,9 MMDH, grâce à l’assemblage (+18,6 % ou +846 MDH) et au segment EWIS (+1,6 % ou +39 MDH). Ces deux secteurs confirment leur rôle stratégique dans la montée en gamme industrielle du Royaume.
Par ailleurs, les autres industries progressent de 22 % à 9,1 MMDH, portées par la métallurgie (+46,1 %) et l’industrie plastique (+96,5 %). Ces performances traduisent une diversification industrielle qui gagne en intensité. Les extractions minières hors phosphates suivent la même tendance (+55,9 %), notamment grâce au cuivre (+848 MDH) et au plomb (+48 MDH).
Exportations: phosphates, textile et agriculture en contre-performance
En revanche, l’électronique et l’électricité reculent légèrement (-4,7 % à 4 MMDH), pénalisées par la baisse des appareils électriques pour la téléphonie (-23,2 %) et des composants électroniques (-9,6 %).
À l’opposé, plusieurs secteurs traditionnels affichent des contre-performances. Les phosphates et dérivés reculent de 7,4 % à 19 MMDH, plombés par la chute des engrais naturels et chimiques (-11 %) et des phosphates bruts (-3,8 %). Seul l’acide phosphorique progresse légèrement (+6,4 %).
Lire aussi. Échanges extérieurs: hausse vertigineuse du déficit commercial à fin mars
Le textile et cuir enregistre une baisse plus marquée (-14,1 % à 9,7 MMDH), avec des reculs sur les vêtements confectionnés (-15,5 %), les articles de bonneterie (-14,3 %) et les chaussures (-7 %).
Enfin, l’agriculture et agroalimentaire recule de 2,3 % à 26,7 MMDH, en raison notamment de la baisse des exportations agricoles (-6,3 %) et de la pêche (-19,9 %). Seule l’industrie alimentaire progresse (+4,4 %).
Il est clair, pour terminer, que mars 2026 illustre une dynamique contrastée au niveau des exportations industrielles. Alors que l’automobile et l’aéronautique consolident leur rôle de locomotives, les phosphates, le textile et l’agriculture restent en retrait. Pour les analystes, cette configuration souligne l’urgence de diversifier davantage les exportations et de renforcer la montée en gamme industrielle pour consolider la résilience du commerce extérieur marocain.
