Yanja El Khattat, président du Conseil de la région Dakhla-Oued Eddahab, a ouvert la première…
Forum Dakhla Africa Logistics : un appel à l’unité et la souveraineté logistique africaine
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L’ouverture de la 1ère édition du Forum Dakhla Africa Logistics, qui a débuté jeudi et se clôturera ce vendredi, a été également marquée par les interventions de la Chambre de Commerce, de l’Association marocaine de la logistique (AMLOG), ainsi que par un message fort du Libéria.
À la suite du président du Conseil de la région Dakhla-Oued Eddahab, qui a situé les enjeux en lien avec la logistique et la place qu’entend jouer Dakhla, trois autres intervenants ont marqué cette séance inaugurale : Son Excellence Sheikh Al-Moustapha Kouyateh, porte-parole du président du Libéria ; Mohamed Michan Habate, président de la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Services de Dakhla-Oued Eddahab ; et Dr Sanaa Hassini, présidente de l’AMLOG.
Succédant au président du Conseil régional, Son Excellence Sheikh Al-Moustapha Kouyateh a livré un message de fraternité et d’engagement en faveur d’une meilleure coopération afro-africaine. Constatant que le commerce intra-africain ne représente que 15 % pour un marché commun d’environ 1,4 milliard de consommateurs, il a déclaré : « Cette réalité n’est pas une fatalité, c’est un défi à relever. »
Ce constat l’a conduit à préconiser que, «l’Afrique doit traiter plus avec elle-même. Et pour ce faire, elle a besoin d’un paradoxe : des solutions digitales partagées et une vision logistique construite collectivement. » À cet effet, il a invité les participants à inscrire ce rendez-vous comme « un espace pour le dialogue, une plateforme pour l’action et un symbole de pouvoir, celui d’une Afrique qui construit ses propres routes, ses propres valeurs et son propre destin. »
L’envoyé spécial du président libérien n’a pas manqué d’encenser le Maroc pour le projet du port Dakhla Atlantique. « Ce projet renforce l’approche de la connectivité atlantique et ouvre de nouvelles possibilités pour le commerce, l’investissement et la coopération interrégionale », a-t-il affirmé, avant d’ajouter : « Ces infrastructures et les zones industrielles qui les accompagnent bénéficient à toute l’Afrique. Elles incarnent l’esprit d’une Afrique intégrée par la logistique, par l’énergie, par l’innovation et par la détermination pour construire une alliance forte. »
Mettre en avant l’ambition collective

Autre acteur, autre message : la Chambre de Commerce, d’Industrie et de Services de Dakhla-Oued Eddahab. Porté par son président, le propos de cette institution a inscrit le forum sous l’angle de l’affirmation d’une ambition collective : « Celle d’une Afrique capable de maîtriser ses chaînes d’approvisionnement, de fluidifier ses échanges et d’ériger la logistique comme levier d’intégration économique du continent, au cœur de la politique extérieure du Royaume. »
Mohamed Michan Habate a mis en relief les infrastructures logistiques « de classe mondiale » que le Maroc œuvre à bâtir. Il a évoqué le port de Tanger Med, modèle qui structure « le futur port Dakhla Atlantique », avec un volume capacitaire projeté à 35 millions de tonnes, destiné à relier directement l’Afrique de l’Ouest au marché européen et américain, tout en offrant un hub logistique aux services de commerce inter-africains.
« Ces infrastructures ne sont pas des symboles isolés. Elles traduisent une orientation stratégique, celle d’un Maroc qui fait de ses régions du Sud des pivots du commerce afro-atlantique, et de la logistique un instrument d’équilibre territorial et de création d’emplois », a-t-il déclaré.
Il a défendu le rôle transformateur que jouera cette infrastructure dans la connectivité du continent avec le reste du monde, assurant de la mobilisation de son institution pour accompagner les opérateurs, encourager les investissements et rapprocher les écosystèmes d’affaires africains. « Ensemble, nous devons poser les bases d’une coopération logistique continentale reposant sur la complémentarité des atouts nationaux : ports modernes, plateformes industrielles, digitalisation des procédures et interopérabilité des systèmes de transport », a-t-il soutenu.
Au terme de son allocution, Mohamed Michan Habate a situé la portée de la rencontre, rappelé les axes de réflexion et conclu par ces mots : « De Tanger à Dakhla, de Dakar à Lagos, de Casablanca à Conakry, une même conviction nous anime : l’Afrique peut devenir le moteur logistique de son propre développement, et c’est ici à Dakhla que cette conviction prend forme. »
De la doctrine géostratégique du Maroc
Pour sa part, la présidente déléguée de l’AMLOG a indiqué que le forum s’inscrit pleinement dans le contexte économique et géostratégique actuel, marqué par des transformations majeures et de l’émergence de nouvelles dynamiques régionales et continentales. Saluant l’esprit de co-développement impulsé par le Roi, elle a exposé la nouvelle doctrine géostratégique du Maroc, visant à renforcer la coopération Sud-Sud à travers le développement de corridors logistiques continentaux intégrés.
«Nous nous réunissons aujourd’hui à un moment où les chaînes de valeur se réorganisent et où la coopération et la compétition autour des corridors logistiques, des routes commerciales et des accès maritimes deviennent des déterminants essentiels du développement et de la souveraineté économique», a martelé Dr Sanaa Hassini.
Elle a rappelé la portée symbolique et la vocation structurelle du port Dakhla Atlantique et des régions du Sud, affirmant : « Le port Dakhla Atlantique n’est pas une simple infrastructure maritime, c’est un corridor souverain. Le développement de la voie express Tiznit-Dakhla, combiné aux futurs corridors multimodaux, transforme la région en un chaînon stratégique entre l’Afrique du Nord et l’Afrique subsaharienne. »
Elle a également évoqué le projet du gazoduc Nigéria-Maroc, présenté comme l’une des initiatives énergétiques les plus ambitieuses du continent. En conclusion, elle a souligné : « Le Maroc est devenu un acteur incontournable de la logistique mondiale, non pas comme un simple hub de transit, mais comme un acteur fédérateur, un constructeur de corridors et un partenaire stratégique pour l’Afrique. »
