Abid Mrayzig, chef des travaux à la direction de l’aménagement du port de Dakhla Atlantique,…
Dakhla: l’ascension d’un futur hub d’investissement phare du Maroc
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Entre infrastructures structurantes, montée en puissance des énergies renouvelables, préparation du capital humain et diplomatie économique active, Dakhla affûte ses atouts pour assumer pleinement son statut de futur hub d’investissement. Au-delà du méga-chantier du port Dakhla Atlantique, cette dynamique place la ville au cœur des ambitions marocaines de coopération Sud-Sud et d’intégration africaine.
Abordant les dispositions en cours pour réussir le pari de faire de Dakhla un hub d’investissement phare du Maroc, Aziz Eddoubi, directeur général (DG) du Centre régional d’investissement (CRI) de Dakhla Oued-Eddahab, situe cette ambition dans une perspective royale. Perspective qui, selon lui, s’est matérialisée par le lancement du Nouveau modèle de développement des provinces du Sud. «La clairvoyance de Sa Majesté le Roi Mohammed VI a doté la région d’infrastructures majeures, dont le port Atlantique, évalué à 12,3 milliards de dirhams, et la voie rapide Tiznit-Dakhla», rappelle-t-il.
Ces projets structurants, intégrés à une enveloppe globale de 77 milliards de dirhams pour les provinces du Sud, visent à donner à Dakhla une position stratégique entre le sud du Maroc et les pays du Sahel. Ainsi, le port, en cours de réalisation, n’est qu’un élément d’un dispositif plus vaste qui associe logistique, énergie et diplomatie économique.
Connectivité, énergies renouvelables et hydrogène vert : le triptyque gagnant
Pour Ahmed Khatir, président du Centre régional d’investissement (CRI), la logistique est la clé de voûte de cette ambition. «La plupart des investisseurs qui viennent sont attirés par cette partie logistique. Le port est un produit d’appel, mais c’est toute la chaîne logistique qu’il faut mettre en place», explique-t-il.
La région se projette déjà dans une connectivité élargie. Khattir cite, dans ce sens, la voie express Tiznit-Dakhla, le projet ferroviaire inscrit dans le Plan rail Maroc (PRM) 2040, de même que les plateformes aériennes en développement. Cette infrastructure multimodale, ajoute-t-il, devrait permettre au Maroc de renforcer sa présence en Afrique à partir de Dakhla, un point des plus stratégiques au regard de la dimension économique que représente le voisinage africain.
A titre d’exemple, le responsable met en équation les importations de l’Afrique de l’Ouest qui ont atteint 217 milliards de dollars en 2023, et dans lesquelles le Maroc ne représent que 1,8 %. «C’est là que Dakhla doit jouer son rôle, en comblant le déficit logistique et en dopant notre présence», insiste Khatir.
Au-delà de la logistique, Dakhla se démarque par son potentiel énergétique. La région bénéficie d’un ensoleillement et de vents parmi les plus favorables au monde. «Il est naturel que Dakhla attire des investissements colossaux dans les énergies renouvelables, notamment l’hydrogène vert», souligne Aziz Eddoubi.
Le port Dakhla Atlantique est conçu pour accompagner cette dynamique, avec des quais spécialisés pour les produits destinés aux énergies renouvelables et une zone industrielle de 1.600 hectares. Abid Mrayzig, chef des travaux à la direction de l’Aménagement dudit port, précise à cet effet que «le port sera adossé à une zone logistique et économique pour les pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel, avec une capacité de 35 millions de tonnes par an».
Compétences et diplomatie économique au rendez-vous
Bien entendu, la question cruciale du capital humain et des compétences n’est pas sacrifiée sur cette ambition de hub d’investissement. Mieux, elle en serait l’épine dorsale; aux dires du DG du CRI, cette transformation ne saurait être possible sans une préparation préalable du capital humain. Il met surtout l’accent sur la nécessité de former des compétences adaptées aux nouveaux besoins: «Il faut créer une académie africaine du commerce et de la logistique basée à Dakhla, développer des programmes spécialisés et encourager la mobilité académique africaine.»
Il faut noter que la région dispose déjà d’instituts spécialisés dans le tourisme, l’agriculture et la gestion.

La consolidation du statut de hub d’investissement passe aussi par une diplomatie économique active. Les forums organisés dans la région, tels que le Crans Montana, le Forum économique Maroc-France (en octobre), où plus récemment Dakhla Africa Logistics Forum, pour ne citer que ceux-là, renforcent la visibilité de la région et tissent des liens avec les pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.
Des initiatives plus offensives sont également régulièrement menées. «Nous avons visité le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Libéria, la Sierra Leone. Nous bâtissons une connectivité humaine pour construire un avenir commun», confie Eddoubi.
Autant de rencontres qui participent à inscrire la ville sur les radars des investisseurs internationaux, notamment américains et européens, qui voient dans la région un point d’ancrage pour leurs projets africains.
Dakhla hub d’investissement : un chantier en marche, une ambition en construction
Produit d’appel phare, le port Dakhla Atlantique n’est pas en reste sur cette attractivité. Le chef des travaux à la direction de l’Aménagement du projet a assuré récemment de son avancée à grands pas. Lors du Dakhla Africa Logistics Forum, Abid Mrayzig a indiqué que «le niveau d’avancement du chantier a atteint 46%», ajoutant que «nous finalisons les travaux du pont maritime et préparons les bassins pour la construction des terre-pleins et des quais».
À l’image de Casablanca au début du XXe siècle ou de Tanger Med plus récemment, Dakhla s’apprête à écrire une nouvelle page de l’histoire économique du Maroc. La région se prépare à devenir un hub d’investissement, un carrefour logistique et énergétique, et une vitrine de la coopération Sud-Sud.
