Le Forum économique Maroc–France s’est ouvert, jeudi à Dakhla, réunissant plus de 300 chefs d’entreprise…
Forum économique Maroc–France : Dakhla, point d’ancrage d’une alliance en expansion
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Les dirigeants d’entreprises françaises et marocaines ont ouvert un nouveau chapitre de leur coopération jeudi à Dakhla, emboîtant le pas et renforçant une volonté politique clairement affichée depuis la dernière visite du président français au Maroc.
Le Forum économique Maroc–France qui s’est tenu jeudi à Dakhla s’est ouvert sur une séquence de cadrage portée par les trois entités fondatrices de l’événement : la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), le Mouvement des entreprises de France (MEDEF) et le Club des chefs d’entreprise France – Maroc.
À travers les interventions croisées de Mehdi Tazi, Fabrice Le Saché, Mohamed El Kettani et Ross McInnes, les organisateurs ont posé les jalons d’une coopération économique renouvelée, ancrée dans les réalités territoriales et tournée vers l’Afrique.
Premier à prendre la parole, Mehdi Tazi, vice-président général de la CGEM, a situé ce forum dans le prolongement de la visite d’État du président Emmanuel Macron au Maroc en octobre 2024. Il a salué le choix de Dakhla comme lieu d’accueil, en soulignant sa portée politique et économique.
Dakhla, vitrine stratégique et laboratoire d’avenir
«C’est une région qui regorge de potentialités, même non soupçonnées», a-t-il affirmé, citant l’agriculture, les énergies renouvelables et le tourisme durable comme secteurs structurants. Il a rappelé que dès 2004, des opérateurs comme le groupe Azura produisaient déjà des tomates dans la région, avant même le recours au dessalement.
Sur le volet énergétique, Mehdi Tazi a insisté sur les atouts naturels de Dakhla : ensoleillement, régularité des vents et disponibilité foncière. «C’est une région dédiée aux énergies renouvelables», a-t-il souligné, en appelant à valoriser ces ressources dans une logique de développement durable.
Le tourisme, notamment sportif et écologique, a également été présenté comme un levier de croissance, avec des projets déjà opérationnels.
Fabrice Le Saché : «pour investir, il faut rencontrer les gens »
Le vice-président du MEDEF, Fabrice Le Saché, a livré une intervention directe et pragmatique. «L’économie, c’est de la planification, des calculs, mais pour investir, il faut rencontrer les gens», a-t-il déclaré.
Il a exprimé l’intérêt du patronat français pour le projet marocain, en particulier dans les secteurs de l’agriculture, de l’énergie et de l’intégration continentale.
«Ce qui nous attire ici, c’est l’ambition du projet marocain. Ce qui est fait ici est intégrateur. C’est au-delà du Maroc, cela projette vers l’Afrique subsaharienne», a-t-il affirmé. Il a également évoqué les perspectives liées à la Coupe du monde 2030, à la régionalisation et aux projets structurants comme le port de Dakhla Atlantique.
«Nos entreprises ne s’envisagent plus seulement dans leurs frontières nationales. Elles regardent vers l’extérieur, et nous sommes ici pour comprendre, investir et agir.»
Forum économique : le Club France–Maroc, catalyseur de coopération

Intervenant dans une seconde discussion, à la suite des deux instances, le Club des chefs d’entreprise France – Maroc a lui aussi partagé ses sentiments.
C’est d’abord Mohamed El Kettani, co-président de ce Club qui a pris la parole pour rappeler la logique du groupe. «Nous sommes une équipe paritaire entre chefs d’entreprise français et marocains, qui dédient un peu de leur temps pour réfléchir à la meilleure manière de rénover, approfondir et prospecter de nouveaux sentiers de coopération», a-t-il expliqué.
Il est revenu sur la portée symbolique du choix de Dakhla, qui confirme la position politique de la France sur la souveraineté marocaine du Sahara. Mais au-delà du symbole, il a mis en avant les investissements concrets déjà engagés. «Le projet de dessalement porté par Nareva et Engie irrigue 5 000 hectares de production agricole. C’est un projet emblématique de la coopération franco-marocaine», a-t-il affirmé, en saluant l’engagement des autorités locales dans la facilitation du forum.
Ross McInnes : « vivre et faire avec le Maroc »
Pour sa part, Ross McInnes, l’autre co-président du Club et dirigeant du groupe Safran, a livré une vision industrielle de la coopération. Il a retracé l’évolution du partenariat franco-marocain, passé d’une logique de comptoir à celle de co-construction. «Désormais, il s’agit de concevoir avec le Maroc. La qualité de la formation d’ingénieurs marocains permet de développer des projets de recherche et de technologie ici même», a-t-il déclaré.
Il a insisté sur le rôle des entreprises françaises dans l’intégration du Maroc dans les chaînes de valeurs industrielles françaises, tant en matière d’approvisionnement que de fabrication. «Nous nous approvisionnons auprès de l’excellence de la sous-traitance locale», a-t-il affirmé, en soulignant que l’exportation à partir du Maroc est désormais une réalité. «Concevoir, investir, s’approvisionner, fabriquer, exporter : cela veut dire vivre et faire avec le Maroc», a-t-il conclu.
À travers ces interventions, le Forum économique Maroc–France s’est affirmé comme un espace de dialogue stratégique, de mise en réseau opérationnelle et de projection continentale.
Concernant la ville de Dakhla, plus qu’un décor, elle s’impose dorénavant comme un territoire d’expérimentation, un hub de coopération et un point d’ancrage pour les ambitions croisées du Maroc et de la France.
