Huile d’olive: le ministre explique pourquoi les exportations ne profitent pas au marché local

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Sécheresse, contrats d’exportation et importations : pourquoi l’huile d’olive reste chère au Maroc
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Le marché marocain de l’huile d’olive connaît une flambée des prix qui suscite de nombreuses interrogations, alors même que les exportations du royaume ont enregistré une hausse jugée «inhabituelle» malgré la baisse de la production. Eclairage de la tutelle.

​Le marché marocain de l’huile d’olive traverse une zone de turbulences : les prix s’envolent, la production chute, mais les exportations continuent d’augmenter. Cette contradiction soulève de vives interrogations, auxquelles le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed Bouari, a tenté d’apporter des éclaircissements.

Des contrats à terme obligent…

Selon le ministre, une part importante des volumes exportés ne correspond pas à la demande locale. Il s’agit notamment d’huiles à forte acidité (comme l’huile de grignons d’olive) et d’huile d’olive vierge extra conditionnée, des produits peu recherchés par les consommateurs marocains.

​En réponse aux questions des députés Ahmed El Abadi et Loubna Srhiri, du groupe du Progrès et du Socialisme, le ministre a également souligné que de nombreux exportateurs marocains sont liés par des contrats à terme avec des importateurs étrangers. Cela rend difficile l’arrêt ou la réduction soudaine des exportations sans enfreindre les engagements commerciaux.

Impact de la sécheresse

Selon le ministre, la production nationale d’olives a atteint 950 000 tonnes lors de la campagne agricole 2024-2025. C’est une baisse de 11 % par rapport aux 1,05 million de tonnes de la campagne 2023-2024, et de 33 % par rapport à la moyenne des trois dernières campagnes.
​Ce recul s’explique, selon Bouari, par la sécheresse persistante (avec un déficit pluviométrique supérieur à 50 % dans certaines régions), la hausse des températures durant la floraison, ainsi que le phénomène naturel d’alternance de l’olivier.

Approvisionnement via l’import

Afin de garantir un approvisionnement régulier du marché et de contenir la hausse des prix, plusieurs mesures ont été prises : la soumission des exportations à une autorisation préalable, l’exonération douanière pour l’importation d’huile d’olive vierge et vierge extra, et le renforcement du contrôle de qualité.
​Le Maroc bénéficie par ailleurs d’accords commerciaux favorables, notamment avec l’Union européenne et dans le cadre de l’Accord d’Agadir (Tunisie, Égypte, Jordanie), qui permettent d’importer de l’huile d’olive sans droits de douane. Entre 2021 et 2023, le Royaume a importé en moyenne 8.000 tonnes par an (principalement de l’UE à 60%, de la Tunisie à 30 % et de la Turquie à 9%), tandis que les exportations s’élevaient à environ 10.000 tonnes.

En attente des fruits d’une stratégie

Le ministre a rappelé que la filière oléicole s’inscrit dans une dynamique de modernisation à travers le contrat-programme 2021-2030, intégré à la stratégie Génération Verte.
​Doté d’un budget de 17 milliards de dirhams, dont 8,3 milliards de contribution publique, ce plan vise à étendre la superficie oléicole à 1,4 million d’hectares, à réhabiliter 100 000 hectares de vergers et à porter la production nationale à 3,5 millions de tonnes à l’horizon 2030.

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