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Le fisc marocain siffle la fin de la récré pour les influenceurs
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Les revenus générés par les influenceurs sur les plateformes sociales ne passeront plus sous les radars du fisc marocain. Dans une réponse adressée au Parlement, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a posé les bases d’une normalisation fiscale qui risque de bousculer plus d’un créateur de contenu.
Pour le gouvernement, il n’existe plus de différence entre un commerçant traditionnel et un influenceur actif sur YouTube, Instagram ou TikTok. Dès lors qu’une activité génère des profits réguliers, elle doit contribuer aux charges publiques. Dans un réponse au Parlement, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a été catégorique: l’économie numérique ne peut plus évoluer en marge du système fiscal.
Et contrairement aux rumeurs, aucune taxe spécifique ne sera créée pour les réseaux sociaux. Le Maroc estime que son arsenal juridique suffit. Tous les revenus issus de la monétisation, des partenariats ou des placements de produits sont désormais considérés comme revenus professionnels.
Ce régime implique l’application de l’Impôt sur le revenu pour les résidents comme pour les non‑résidents ciblant le marché marocain. La nouveauté: les créateurs de contenus dont le chiffre d’affaires dépasse 500.000 DH par an basculent automatiquement dans le champ de la TVA. Pour l’e‑commerce, le seuil grimpe à 2 millions de dirhams.
Influenceurs: le Maroc s’aligne sur les standards occidentaux
Pour éviter toute accusation d’arbitraire, le ministère s’est appuyé sur une étude comparative des modèles français, allemand et américain. Partout, les revenus numériques sont fiscalisés. Le Maroc harmonise donc sa législation avec les meilleures pratiques internationales afin de capter une économie en pleine expansion, y compris les cadeaux numériques et les avantages en nature.
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Reste la question du contrôle. Comment suivre des revenus parfois cachés à l’étranger ou transitant par des portefeuilles numériques? Le gouvernement va activer plusieurs leviers. D’abord, des brigades spécialisées de la Direction générale des impôts (DGI) assurent une veille permanente sur les réseaux sociaux, en croisant le train de vie affiché avec les déclarations fiscales.
Puis, il y a le partage renforcé de données entre banques, Office des changes et partenaires internationaux qui permettra de détecter les avoirs non déclarés. Enfin, les prestataires étrangers opérant au Maroc devront s’enregistrer sur une plateforme dédiée et déclarer leurs revenus chaque trimestre, renforçant ainsi le contrôle transfrontalier.
Sortir de l’informel
Au‑delà de la pression fiscale, l’objectif est de structurer un secteur devenu incontournable. En intégrant l’économie formelle, les créateurs de contenu pourront justifier de revenus stables auprès des banques, condition essentielle pour accéder au crédit ou obtenir un visa. Le principe constitutionnel de contribution aux charges publiques s’applique désormais à tous, devant comme derrière l’écran. La pédagogie reste de mise, mais le message est clair: le numérique n’est pas une zone défiscalisée.
