Quatre ans après, quel bilan pour le Partenariat vert Maroc‑UE ?

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Partenariat vert Maroc UE Transition énergétique
Vue de la Délégation de l'UE au Maroc qui a disséquée le Partenariat vert

La délégation de l’Union européenne au Maroc a organisé ce mardi à Casablanca un dialogue média consacré au Partenariat vert entre l’UE et le Royaume. Ce fut l’occasion pour les représentants de la délégation de présenter les tenants et les aboutissants de cette initiative. Dire le pourquoi de ce partenariat novateur signé en 2022, et ce qui a été fait dans ce cadre, tel était le principal objectif.

Présenter aux médias les raisons qui ont concouru à la mise en place de ce cadre de coopération entre les deux rives de la Méditerranée, tout en éclairant ses objectifs et les actions qui ont été menées dans ce sens. Tels étaient, entre autres, les buts visés par ce rendez‑vous, premier du genre entre la délégation de l’UE et la presse marocaine. Outre la vision sous‑tendant ce partenariat, l’échange a été structuré autour de quatre axes majeurs, représentant ses domaines d’exécution. D’autres sujets également en corrélation avec ce mécanisme, tels que le Pacte pour la Méditerranée, ont également été abordés.

Parlant de la vision derrière ce partenariat vert, Daniele Dotto, chef adjoint de la Délégation de l’Union européenne au Maroc, a précisé que ce partenariat, dont la signature remonte à octobre 2022, a été pionnier en la matière. En cela, il a ouvert la voie à bien d’autres qui ont suivi par la suite, notamment avec la Tunisie, l’Égypte, la Jordanie, Oman, l’Afrique du Sud et l’Inde. « Le partenariat vert s’intègre dans une double logique, à la fois écologique et économique, incarnée par le Pacte vert », a‑t‑il indiqué.

Partenariat vert: pourquoi le Maroc en priorité

L’adjoint au chef de la délégation de l’UE au Maroc a, dans cette dynamique, expliqué les motivations ayant accordé la priorité au Maroc dans la mise en œuvre de ce cadre de coopération. Cela s’explique en partie par les similarités liant les deux sphères géographiques. Elles sont, par exemple, toutes deux non productrices d’énergies fossiles et dépendent fortement des importations.

De même, leurs ambitions climatiques visant la réduction des émissions carbone, leur volonté commune de concilier compétitivité économique et transition verte, leurs économies fortement intégrées, etc. Autant de similitudes que les 27 du Vieux Continent partagent avec le Maroc, et qui en ont fait le partenaire idéal pour initier ce cadre bilatéral autour de la transition verte.

Quatre axes d’intervention

Poursuivant, Daniele Dotto a affirmé que cette ambition s’est structurée dans le cadre d’un dialogue politique et d’actions concrètes, comme dit plus haut, à travers quatre domaines d’intervention. Le premier étant la transition énergétique et la décarbonation ; l’économie verte et bleue en étant le second ; la protection de l’environnement, tout comme l’adaptation et la résilience au changement climatique, constituant les deux derniers pans.

Développant sur le premier registre d’intervention qu’est la transition énergétique et la décarbonation de l’économie, Gérald Audaz, chef de la section compétitivité économique, environnement, infrastructures, a mis en avant l’appui de l’UE à la politique marocaine dans cet objectif. Un appui qui s’est traduit à travers des injections directes au budget de l’État marocain, un appui à la définition du cadre réglementaire, de même qu’une assistance technique quand nécessaire. Sur le terrain, cela a abouti « à réduire les émissions carbone d’environ 2,3 millions de tonnes entre 2023 et 2025, soit une couverture de 3 à 4 % des exportations du Maroc », a‑t‑il fait savoir.

Économie verte et bleue

Lukas Micka, attaché aux affaires maritimes, pêche et économie bleue au sein de la délégation, a, lui, mis le curseur sur la collaboration entre l’UE et le Maroc dans les domaines de l’économie bleue et verte. Il a relevé plusieurs actions menées dans ce sens, entre autres l’initiative WestMed avec la création de clusters maritimes régionaux, l’événement BlueInvest Africa mettant en relation investisseurs et porteurs de projets de l’économie bleue, de même que la stratégie nationale Halieutis.

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Au chapitre de cet axe précisément, l’économie circulaire occupe une place essentielle, et pour laquelle l’UE collabore à l’élaboration d’une feuille de route dédiée à la circularité. Toujours sur ce même axe, des projets ont déjà cours, parmi lesquels ceux visant à réduire la production des déchets, mieux encadrer la réglementation sur le transfert des déchets, et l’appui à certaines réformes clés telles que la recyclabilité du textile.

Protection de l’environnement

Tablant sur la protection de l’environnement, Lise Paté, cheffe de la section Développement social et cohésion territoriale, a fait un focus sur le développement de l’agroécologie et de la foresterie. Elle a évoqué des projets conduits en milieux ruraux avec le souhait d’ériger le Maroc en modèle de résilience des campagnes. Une ambition qui, selon elle, embrasse une triple dimension écologique, économique et sociale. Et ce à travers « stopper la dégradation des sols, créer des emplois durables et redonner espoir quant à une justice sociale », relatera‑t‑elle.

Plusieurs initiatives ont émergé dans ce sens, « comme le programme Terre verte qui a démontré que l’écologie peut rimer avec emplois et prospérité ». Sur le terrain, cela s’est traduit par la formation des acteurs locaux à travers la création de six polygones agroécologiques ; le reboisement des forêts qui a permis de créer quelque 26 138 emplois ; et le financement de l’entrepreneuriat vert avec, à la clé, 13 000 jeunes qui seront accompagnés dans ce sens.

Adaptation et résilience climatique

Quatrième et dernier axe de déclinaison du partenariat vert Maroc‑UE : l’adaptation et la résilience au changement climatique. La question de l’eau, c’est‑à‑dire sa gestion intégrée et durable, a été abordée par Gaetan Ducroux, chargé de la politique climat, énergie et environnement.

Ce dernier a rappelé que le Maroc est au nombre des pays confrontés à un niveau sévère de stress hydrique, avec un ratio de mètres cubes d’eau par habitant qui a basculé de 2 500 à 620 entre 1960 et 2024. À cela s’ajoute une demande de plus en plus accentuée, plaçant l’eau dans des enjeux à la fois économiques et vitaux. Face à cela, le partenariat vert Maroc‑UE sur ce sujet crucial s’articule sur quatre niveaux d’intervention : l’appui budgétaire, l’assistance technique au volet réglementaire, la coopération en termes de recherche scientifique et les investissements.

Des projets dans ce sens existent, en l’occurrence la réalisation d’une cartographie des zones inondables, le développement d’un système d’alerte en cas d’inondation, la recherche de solutions basées sur la nature et la recharge artificielle des nappes phréatiques. Le tout en vue d’aboutir à une résilience climatique et une meilleure gestion hydrique.

En clair, cet exercice coordonné par la délégation européenne a permis de mieux éclairer les contours du Partenariat vert, ses buts et ses axes de réalisation. Au moment où une nouvelle mouture de ce deal est en train de se structurer, cet exercice aura permis de lever un coin de voile sur son bien‑fondé, tant pour le Maroc institutionnel que pour le citoyen.

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