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Abdou Souleye Diop: « La complémentarité des chaînes de valeur, une aubaine pour les PME marocaines et africaines »
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Abdou Souleye Diop, managing partner du cabinet international Forvis Mazars et président de la Commission Afrique de la CGEM, explique comment la complémentarité des chaînes de valeur peut dynamiser les PME marocaines et africaines.
La complémentarité des chaînes de valeur est un levier d’amélioration de la performance des PME marocaines et du continent. C’est l’intime conviction d’Abdou Souleye Diop, managing partner du cabinet international Forvis Mazars. Dans un entretien, celui qui est également président de la Commission Afrique de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) revient sur les résultats d’une récente étude portant sur la complémentarité des chaînes de valeur.
Financée par le patronat marocain avec un appui de la Banque africaine de développement (BAD), l’étude, intitulée “Construire des chaînes de valeur complémentaires”, a été présentée lors du Forum de la PME marocaine, tenu le 3 décembre dernier à Rabat. «C’est une étude spécifique orientée PME parce que nous savons que sur tout le continent l’économie est tirée par les PME», souligne Diop.
Le scope de cette étude a été mis sur ce segment d’entreprises, d’autant plus que les grandes entreprises ont leurs réseaux et leurs moyens d’accompagnement. Ce qui n’est pas le cas des PME. «Notre focus est sur les PME et l’ambition derrière est de mettre en place des quick-wins, tant pour les PME marocaines que celles à l’échelle du continent», explique notre invité.
L’étude met en évidence l’importance stratégique de l’intégration des chaînes de valeur en Afrique pour accroître la transformation locale des ressources et renforcer la compétitivité du continent sur la scène mondiale. Elle propose également une approche pragmatique pour valoriser les ressources naturelles africaines et structurer des industries capables de générer plus de valeur ajoutée et d’emplois.
Les auteurs de l’étude, menée sous la supervision du patron de Forvis Mazars au Maroc, pointent du doigt les bénéfices d’une transformation locale en termes de captation de valeur ajoutée et de renforcement du tissu industriel. Ils ont ainsi défini six secteurs à fort potentiel d’intégration: le textile, l’agroalimentaire, l’électronique et l’électricité, l’automobile et la mobilité durable, et le caoutchouc et la pneumatique.
Des projets déjà identifiés
«Chaque projet a ses spécificités. Bien que nous n’ayons pas encore compilé l’ensemble, leur potentiel est indéniable. Par exemple, nous savons qu’aujourd’hui, dans la chaîne de valeur automobile, nous atteignons environ 65% d’intégration. Nous pouvons encore augmenter cette intégration de 15% pour les véhicules conventionnels et de 30% pour les véhicules électriques», précise Diop.
Les PME étant au cœur de cette étude, les obstacles liés à leur compétitivité ont été identifiés. Au nombre de ces entraves, outre le sempiternel problème du financement, se sont ajoutés le manque de compétences, les problèmes d’approvisionnement en intrants, ainsi que les insuffisances infrastructurelles (connectivité) et le coût énergétique.
Comme mesures, l’étude préconise le développement de standards harmonisés pour faciliter l’accès des PME aux marchés régionaux, la mise en place d’outils financiers adaptés pour soutenir l’investissement productif, l’amélioration des infrastructures logistiques et énergétiques pour réduire les coûts de production, et enfin des programmes de formation et de transfert de compétences pour améliorer la qualité des produits fabriqués localement.
«Aujourd’hui, on a mis sur la table de nos fédérations sectorielles et des différents patronats africains l’étude», fait savoir le Monsieur Afrique du patronat marocain. Il revient alors aux différentes organisations patronales d’accompagner leurs PME respectives à concrétiser cette ambition de complémentarité et d’intégration. «Nous avons initié la démarche pour montrer qu’il y a concrètement des choses à faire. Maintenant, c’est aux différents acteurs d’aller au-delà en saisissant les opportunités qui s’offrent», conclut-il.
