Premier camion 100% “made-in-Morocco”: ce qu’il en est vraiment

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18 octobre 2023, le projet d'assemblage au Maroc du gros porteur chinois Schacman est présenté au grand public

L’annonce récente par des médias du premier camion 100% fabriqué au Maroc suscite de nombreuses interrogations. Effet d’annonce ou scoop?

Depuis le lundi 16 janvier dernier, la toile s’est enflammée à la suite d’un article publié par un confrère sous le titre “Poids lourds: le Maroc produit son premier camion baptisé «X6000»“. L’information reprise par plusieurs autres médias, est devenue virale.

S’il est établi que l’information dans son aspect général est véridique, certains contours relayés le sont moins. Dans la ferveur et l’émoi suscité par cette information, H24Info a tenté de dissocier le vrai du faux de cette nouvelle.

Effectivement, comme cela a été annoncé, le Maroc assemble des camions poids lourds dans une usine basée à Berrechid dans la Région du Grand-Casablanca. Cet assemblage intègre du sourcing local. «Il y a certains composants qui sont achetés localement, avec certains carrossiers qui sont déjà basés au Maroc», confirme Salim Attar, chef de projet dans l’implantation de Schacman au Maroc. Il explique que ces composants sont parfois l’objet de fabrication locale. Au nombre des pièces fabriquées localement, il cite la carrosserie, la pneumatique, la suspension, les équipements de prise de force et la peinture.

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A ce stade, l’annonce d’un camion « Made-in-Morocco », est attestée. Mais là où se trouve le bémol, c’est que l’assemblage du camion Schacman n’est pas un fait nouveau, comme porte à croire certains titres racoleurs. Pis, certaines informations relayées concernant le taux d’intégration sont loin d’être avérées.

En effet, «le projet a été lancé le 18 octobre 2023», fait savoir Salim Attar. C’est à cette date que le Groupe Premium a officiellement présenté ce projet d’assemblage. Depuis, une centaine de véhicule sont sortis des ateliers de montage pour desservir le Maroc et d’autres pays subsahariens, notamment le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Sénégal ou le Togo. Ce qui tranche bel et bien avec l’annonce.

Autre information à corriger: le taux d’intégration. L’article cité plus haut attribue au véhicule «un taux d’intégration locale de 40%». L’assistante du président directeur général et responsable communication du Groupe premium précise que ce taux est de, «8% pour les tracteurs et 23% pour les porteurs».

Elle nous fait savoir que le taux de 40% n’est pour l’heure qu’une ambition qui prendra forme «avec l’importation des bus électriques, dont les batteries seront produites localement». À la question de connaître l’effectivité de ce taux d’intégration, nos deux interlocuteurs n’avancent aucune date.

En clair, l’assemblage du gros-porteur Schacman X6000 récemment annoncé comme nouveau fait d’armes de l’industrie marocaine n’en est pas un. Le taux d’intégration de 40% évoqué, l’est encore moins.

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