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Start-up: le Maroc en retrait dans une Afrique dynamique
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L’écosystème des startups africaines semble renouer avec une dynamique de croissance, selon le bilan à mi-parcours établi par la plateforme Africa The Big Deal. Une reprise dont le Maroc reste malheureusement à l’écart.
Au premier semestre 2025, les start-up du continent ont levé un total de 1,4 milliard de dollars, en progression de 78 % par rapport à la même période en 2024, selon les données compilées par la plateforme Africa the big deal. Ce rebond s’inscrit dans un cycle post-consolidation, marqué par le retour progressif de la confiance des investisseurs, notamment à travers l’élargissement des tours de financement et le retour des deals supérieurs à 10 millions de dollars.
L’Afrique confirme ainsi son statut de pôle d’innovation en pleine expansion, tout en conservant un certain décalage structurel par rapport aux autres régions du monde. Malgré leur vigueur, les investissements récoltés par les startups africaines ne représentent que 0,4 % des levées mondiales durant la même période.
Par ailleurs, cette reprise s’accompagne d’une concentration géographique des flux, avec 78 % des capitaux dirigés vers les pays du Big Four : Afrique du Sud, Égypte, Kenya et Nigeria.
Start-up : à mi-2025 le Maroc invisible
Dans ce contexte global de reprise, l’absence du Maroc interpelle. Aucun deal supérieur à 100.000 dollars n’a été enregistré au premier semestre 2025, ni en equity ni en dette, selon les données d’Africa The Big Deal.
Ce silence statistique contraste avec les performances remarquables enregistrées en fin d’année 2024, où l’écosystème startup marocain s’était hissé à la cinquième place continentale, juste derrière les mastodontes du Big Four.
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Cette dynamique était alors portée par une croissance exponentielle de 300 % entre 2023 et 2024. Comment expliquer cette disparition soudaine des radars ? S’agit-il d’un creux conjoncturel, ou révèle-t-elle des fragilités plus structurelles : manque de stratégie narrative, contraintes réglementaires ou difficultés d’accès aux investisseurs internationaux ?
La question mérite d’être posée, d’autant plus que des marchés francophones comme le Sénégal ont attiré près de 150 millions USD sur la même période.
Même si le Maroc apparaît parmi les pays ayant enregistré une douzaine de deals autour des 100.000 USD, il reste loin de son potentiel précédemment démontré. Étonnamment, le pays s’est doté depuis l’année dernière d’une stratégie digitale ambitieuse visant, entre autres, l’émergence de licornes issues de son écosystème startup.
Fintech et Climate Tech : les nouveaux moteurs
Pour en revenir à la performance de l’écosystème start-up africain, elle est principalement tirée par deux verticales qui sont la Fintech et la Climate tech. La Fintech s’impose comme la locomotive du redémarrage, avec 640 millions USD levés, soit 45 % du total.
Elle bénéficie d’une maturité solide, de modèles économiques éprouvés et d’une capacité à scaler rapidement, notamment dans les services B2C, les paiements et l’inclusion financière.
La Climate Tech, de son côté, confirme sa montée en puissance avec 21 % des financements. Malgré un léger tassement en parts de marché par rapport aux précédents semestres, le secteur continue d’attirer des tickets importants, sur fond de préoccupations climatiques et d’engagements énergétiques croissants.
L’intérêt des investisseurs pour des solutions d’adaptation, d’efficacité énergétique ou de décarbonation reste vif, et la structuration des modèles d’affaires commence à séduire au-delà du cercle des fonds spécialisés.
Ce duo sectoriel illustre les priorités du moment : répondre à des problématiques fondamentales, tout en garantissant rentabilité et scalabilité. Il pourrait aussi servir de levier à des écosystèmes start-up, comme celui du Maroc, pour opérer un retour stratégique au cœur des flux d’investissement.
