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Tunnel Maroc–Espagne: la faisabilité technique confirmée, le projet entre dans sa phase décisive
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Le projet du tunnel Maroc-Espagne entre dans une nouvelle phase après la confirmation officielle de sa faisabilité technique et l’estimation préliminaire de sa durée de réalisation et de son coût global.
Le mégaprojet visant à relier l’Europe et l’Afrique par un tunnel sous le détroit de Gibraltar est désormais considéré comme réalisable avec les technologies actuellement disponibles. La société allemande Herrenknecht, leader mondial dans le domaine du creusement de tunnels, a finalisé l’étude mandatée par le gouvernement espagnol, confirmant que l’infrastructure, malgré sa grande complexité géologique, peut être réalisée.
Il s’agit d’une grande avancée pour une projet étudié depuis plus d’un demi-siècle des deux côtés du détroit, avec le lancement des premières évaluations dans les années 1970.
Le rapport a été réalisé pour la Société espagnole d’études sur les communications fixes à travers le détroit de Gibraltar (SECEGSA), rattachée au ministère espagnol des Transports. Il s’est concentré sur les segments les plus complexes du tracé, en particulier la zone dite du «seuil de Camarinal», dont la structure géologique extrême constituait jusqu’ici l’obstacle majeur.
Selon le journal espagnol Vozpópuli, l’étude, qui est entre les mains du gouvernement depuis juin dernier, fait l’objet d’analyses internes approfondies en vue de préparer un appel d’offres après juin 2026, date prévue pour l’actualisation finale du projet initial datant de 2007.
Les deux parties marocaine et espagnole se sont engagées à prendre une décision définitive en 2027 concernant l’appel d’offres relatif aux premiers tunnels exploratoires. Les analyses actuelles confirment que le projet est réalisable avec les capacités techniques et d’ingénierie disponibles aujourd’hui, avec un net progrès technologique par rapport aux premières évaluations du début des années 2000.
Cette confirmation intervient dans un contexte de soutien croissant du gouvernement de Pedro Sánchez, appuyé par les financements européens du programme « Next Generation ».
Au moins six ans et plusieurs milliards pour la première étape
Un calendrier prévisionnel a déjà été esquissé : la construction du tunnel exploratoire – préalable indispensable avant le percement final – devrait durer entre six et neuf ans. La partie espagnole du tracé atteindrait environ 40 kilomètres sur un total estimé à 65 kilomètres. Le terminal espagnol serait situé près de Vejer de la Frontera, avec une connexion au réseau ferroviaire national via une nouvelle jonction avec la ligne Cadix–Séville.
Le coût de base de la section espagnole – comprenant tunnel exploratoire, tunnels définitifs, terminal et infrastructures connexes – est estimé à plus de 8,5 milliards d’euros, hors éventuels rallonges et financement européen complémentaire.
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Les prévisions les plus optimistes misent sur des premiers jalons autour de 2030, potentiellement en parallèle de la Coupe du monde co-organisée par le Maroc et l’Espagne aux côté du Portugal. Cependant, selon plusieurs sources proches du dossier, un horizon plus réaliste se situerait entre 2035 et 2040, compte tenu des défis techniques et financiers.
Rentabilité et modèle économique au cœur de l’étude
Le ministère espagnol des Transports a confié au cabinet Ineco une étude de rentabilité du futur corridor. Celle-ci envisage un modèle de concession similaire à celui du tunnel sous la Manche ou de la ligne TGV Figueres–Perpignan, et analyse la demande potentielle de passagers et de fret. Plusieurs options d’implantation terminale – Algésiras ou Tarifa – restent à l’étude. L’infrastructure pourrait également générer des revenus via l’interconnexion électrique et le passage de réseaux de fibre optique.
Pour ses partisans, ce tunnel représente une opportunité stratégique sans précédent pour faire de la péninsule ibérique un hub intercontinental et un axe clé du réseau euro-méditerranéen. La confirmation de faisabilité offerte par Herrenknecht marque ainsi un tournant décisif et relance un projet longtemps repoussé, mais désormais en voie de concrétisation.
