Défense : Le Maroc forme ses premiers experts du guidage aérien

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African Lion, bombardier,
Un avion B-52H Stratofortress de l'US Air Force décolle pour un vol d'entraînement dans le cadre de l'exercice African Lion 2026, le 23 avril 2026. DR

C’est une image qui fera date dans les annales militaires de la région. Le 23 avril, le ciel de Cap Draâ a été le théâtre d’une démonstration de force inédite : deux bombardiers stratégiques américains B‑52H escortés par quatre F‑16 marocains. Au‑delà du symbole, cette séquence clé de la défense nationale marque le lancement du premier cursus marocain de qualification JTAC. Cette compétence d’élite propulse désormais les FAR dans le cercle restreint des armées les plus modernes et autonomes.

« L’acier aiguise l’acier ». L’adage militaire a pris tout son sens lors du coup d’envoi d’African Lion 2026. Alors que plus de 5 600 soldats issus de 40 pays sont déployés entre le Maroc, le Ghana, le Sénégal et la Tunisie, c’est à Agadir et Cap Draâ que se joue l’un des volets les plus sensibles de l’exercice.

Si le grondement des B‑52H Stratofortress — ces mastodontes capables de projeter une puissance de feu à l’échelle mondiale — a attiré tous les regards, la véritable révolution se déroule au sol. Pour la première fois, le Maroc lance son propre programme d’accréditation de Joint Terminal Attack Controllers (JTAC), écrit l’US Army.

Derrière cet acronyme se cache une fonction cruciale : des contrôleurs avancés capables de guider, depuis la ligne de front, les frappes aériennes, l’artillerie ou les tirs navals avec une précision millimétrée.
« Ces contrôleurs détiennent l’autorité de valider les frappes aériennes, garantissant la précision tout en évitant les tirs fratricides », explique le Master Sergeant Therron Bundick de l’US Air Force.

Désormais, le Maroc ne se contente plus de recevoir un appui aérien allié, mais il forme les spécialistes capables de l’orchestrer selon les standards des coalitions modernes.

Pour Rabat, l’enjeu dépasse la seule montée en compétence. Dans un environnement régional marqué par des tensions persistantes, la présence visible de bombardiers stratégiques américains opérant aux côtés de F‑16 marocains n’a rien d’anodin.

Le JTAC, nerf de la guerre moderne

Le général Dagvin Anderson, commandant de l’AFRICOM, le dit sans détour : ce déploiement « signale une dissuasion crédible et renforce l’engagement des États‑Unis en faveur de la sécurité régionale ».
Un message clair, adressé à quiconque douterait de la solidité du partenariat stratégique entre Rabat et Washington.

Lire aussi. African Lion : l’armée US teste « Guardian », un système de suivi des soldats en temps réel

Ce saut technologique et doctrinal des Forces Armées Royales s’inscrit dans une stratégie de long terme. En accueillant cette formation inédite — encadrée par des instructeurs américains, canadiens et hongrois — le Maroc consolide son statut d’acteur sécuritaire majeur sur le continent.

Il s’ahit de bâtir une capacité nationale de “joint fires”, autonome et interopérable, indispensable dans les conflits de haute intensité. African Lion 2026, qui se poursuit jusqu’au 8 mai, confirme que le Royaume n’est plus seulement un pays hôte. Il est devenu un partenaire capable de parler le même langage tactique que les grandes puissances militaires.

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