Activités parascolaires: un levier sous-exploité dans l’éducation marocaine

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Seulement 25 % des élèves marocains participent aux activités parascolaires (AP), selon la feuille de route 2022-2026 du ministère de l’Éducation nationale. Ce chiffre, particulièrement faible, révèle un manque de sensibilisation à l’importance de ces activités, tant du côté des élèves que des parents, qu’il s’agisse de programmes intégrés au cadre scolaire ou d’activités extérieures.

Interrogée par H24info, Hanaa Ejjennane, psychomotricienne à Casablanca, rappelle que les activités parascolaires englobent toutes les pratiques éducatives, sportives, artistiques ou culturelles organisées en dehors du temps scolaire. Selon elle, elles jouent un rôle complémentaire à l’enseignement académique et contribuent au développement global de l’enfant — intellectuel, émotionnel, social, physique et moral.

Un tremplin pour le développement personnel

Les AP permettent à l’enfant d’explorer ses centres d’intérêt, de découvrir ses aptitudes et de renforcer sa confiance en lui. Elles encouragent l’autonomie, la prise d’initiatives, la gestion du temps et le sens des responsabilités. « Dans ces espaces plus libres que la salle de classe, l’enfant apprend à essayer, échouer, corriger et décider par lui-même », explique Hanaa Ejjennane. «Elles sont aussi un excellent vecteur d’apprentissage émotionnel : elles aident l’enfant à gérer ses émotions, à accueillir la réussite comme l’échec et à s’adapter à différents contextes sociaux et culturels.»

Socialisation et stimulation intellectuelle

Les activités parascolaires jouent également un rôle clé dans la socialisation. «L’enfant apprend à coopérer, à communiquer efficacement, à respecter les règles et à accepter les différences», souligne la spécialiste. Ces expériences développent l’esprit d’équipe, le respect d’autrui et le sens des responsabilités. Par ailleurs, certaines activités — clubs de lecture, de sciences ou de musique — stimulent la créativité, la curiosité intellectuelle et la pensée critique. Elles renforcent la mémoire, la concentration et les capacités d’organisation, avec un impact direct sur le rendement scolaire.

Santé physique et équilibre de vie

Sur le plan physique, les AP favorisent une croissance harmonieuse et une meilleure coordination motrice. Elles contribuent à la santé globale, à l’équilibre du sommeil et à la gestion du stress. « Ces activités permettent de réduire et de réguler le temps d’écran, une problématique majeure dans l’éducation actuelle. Elles instaurent une hygiène de vie saine dès l’enfance », précise Hanaa Ejjennane.

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Comment choisir la bonne activité ?

Le choix d’une activité parascolaire dépend de plusieurs facteurs : goûts, personnalité, âge de l’enfant, mais aussi contraintes familiales (temps, budget, déplacements). La psychomotricienne recommande d’observer attentivement l’enfant : « Qu’aime-t-il faire spontanément ? Est-il plutôt énergique ou calme ? Préfère-t-il les activités individuelles ou collectives ? A-t-il besoin de se défouler ou de se concentrer ?». 

Elle propose, par exemple, des ateliers scientifiques, de robotique ou des clubs nature pour les enfants curieux ; du dessin, du théâtre, de la danse ou de la musique pour les enfants créatifs ; et des sports collectifs ou individuels pour les enfants actifs. Elle insiste sur la nécessité d’un équilibre avec la scolarité : «Une à deux séances par semaine suffisent souvent, surtout pour les plus jeunes. Il faut aussi leur laisser du temps libre pour jouer ou simplement ne rien faire, car cela aussi participe à leur développement.»

Un potentiel encore trop peu exploité dans les écoles

Amal Sebbar Alaoui, enseignante dans le secteur public, confie que chaque rentrée scolaire est marquée par un débat sur le maintien des activités parascolaires dans les établissements. Des clubs de lecture, de culture, de sport, de théâtre, de santé ou d’environnement sont créés, chacun encadré par un professeur. «Nous avons observé des bienfaits remarquables sur l’attitude et le comportement des élèves qui y participent, même s’ils restent peu nombreux», regrette-t-elle.

Selon elle, ces activités favorisent l’épanouissement personnel, renforcent la motivation et améliorent la productivité scolaire. Elles instaurent un climat éducatif positif et permettent de réconcilier l’élève avec le cadre scolaire en lui offrant des espaces d’expression et de créativité en dehors des cours.

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