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Enseignement supérieur: le syndicat des fonctionnaires menace de boycotter la rentrée universitaire
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Le Syndicat national des fonctionnaires de l’enseignement supérieur et des cités universitaires, affilié à la Confédération Démocratique du Travail (CDT), a annoncé une escalade de protestations ouverte et inédite, qui pourrait aller jusqu’au boycott de la rentrée universitaire, accompagnée de grèves et de sit-in dans les établissements.
Dans un communiqué rendu public ce jeudi le syndicat dénonce ce qu’il qualifie de mépris du ministère de tutelle à l’égard des revendications des personnels et son refus d’ouvrir un dialogue sérieux et responsable. Face à cette attitude, il menace d’intensifier son programme de lutte.
Cette décision a été prise lors d’une session extraordinaire du Conseil national du syndicat, tenue hier mercredi. Cette réunion a été consacrée à l’évaluation des actions précédentes et à la définition des prochaines étapes, dans un climat de tension au sein du secteur.
À l’issue de cette réunion, le secrétaire général du syndicat a tiré la sonnette d’alarme quant à la situation préoccupante que traverse le secteur. Il a évoqué la persistance de la corruption, la marginalisation des personnels, la lenteur des réformes, ainsi qu’une pénurie en ressources humaines, en particulier parmi les personnels administratif et technique. Le syndicat reproche au ministère de continuer à ignorer les principales revendications, au premier rang desquelles figure l’adoption d’un statut fondamental équitable et juste.
Après un échange qualifié de sincère et responsable, les membres du Conseil national ont appelé à intensifier la mobilisation à l’occasion de la prochaine rentrée universitaire. Ils considèrent cette période comme une étape décisive pour défendre la dignité des fonctionnaires et faire entendre leurs revendications, notamment l’élaboration, en concertation avec les parties concernées, d’un statut «fondamental global, juste et inclusif».
Le Conseil national a également dénoncé les atteintes à la liberté syndicale, signalant que plusieurs responsables syndicaux ont été visés par des représailles de la part des directions de plusieurs établissements, notamment la présidence de l’Université Mohammed V de Rabat, l’ENCG de Casablanca et de Kénitra, l’ENSAM de Rabat, la Faculté des lettres d’El Jadida, la FST de Settat, l’EST de Béni Mellal, ainsi que la direction des ressources humaines du ministère de l’Enseignement supérieur.
Il a, par ailleurs, critiqué certaines organisations syndicales accusées de se mettre au service de l’administration, au lieu de défendre les intérêts des fonctionnaires. Le Conseil a également dénoncé l’exploitation des doctorants, des enseignants vacataires et des salariés de sociétés de sous-traitance pour faire échouer les mouvements de grève et les sit-in.
Pour conclure, le bureau national a appelé l’ensemble des fonctionnaires du secteur à se mobiliser autour de leur syndicat et à se préparer à mettre en œuvre la prochaine phase de mobilisation, en vue de défendre leurs droits légitimes et d’imposer l’adoption d’un statut fondamental équitable pour toutes les catégories du personnel de l’enseignement supérieur et des cités universitaires.
