Espagne : un ex-chef d’état-major qualifie le Maroc de « menace »

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L'Espagne s’inquiète du rapprochement Maroc–États-Unis, selon un ancien haut responsable militaire
L'ex-chef d’état-major espagnol Fernando Alejandre © DR

« Nous sommes confrontés à une menace réelle et claire venant du Maroc », s’alarme l’ex-chef d’état-major espagnol Fernando Alejandre, relançant le débat sur les équilibres régionaux et alimentant l’inquiétude espagnole face au rapprochement Rabat-Washington.

Les déclarations de Fernando Alejandre Martínez, ancien chef d’état-major de la défense en Espagne, ravivent le débat sur les équilibres stratégiques en Méditerranée occidentale.

Dans un entretien accordé au média espagnol ABC, le responsable militaire à la retraite a qualifié le Maroc de « menace réelle et évidente », tout en exprimant ses préoccupations face au rapprochement croissant entre Maroc et les États-Unis.

Une lecture sécuritaire du « flanc sud »

Selon Fernando Alejandre Martínez, le « flanc sud » constitue aujourd’hui une priorité pour les forces armées espagnoles, avec un focus particulier sur l’Afrique du Nord.

Dans cette analyse, il évoque explicitement plusieurs zones sensibles, notamment les présides occupés Sebta, Melilaa ainsi que les îles Canaries, qu’il considère comme des points stratégiques nécessitant une vigilance constante.

Ces propos s’inscrivent dans un contexte marqué par des sensibilités historiques et territoriales, régulièrement évoquées dans le débat public espagnol.

Sebta et Melilia exclues de l’article 5

L’ancien responsable militaire a également soulevé des doutes quant à la capacité de l’OTAN à garantir une protection totale de l’Espagne en cas de crise affectant ces territoires.

Il a notamment rappelé que Sebta et Melilia ne sont pas explicitement intégrées dans le périmètre d’application de la défense collective de l’Alliance, ce qui pourrait compliquer un éventuel recours à l’article 5.

Une situation qui, selon lui, fragilise la position stratégique de Madrid dans certains scénarios de crise.

Le rapprochement Maroc–États-Unis scruté

Fernando Alejandre Martínez a par ailleurs exprimé ses inquiétudes face au renforcement des relations entre Rabat et Washington.

Selon lui, cette dynamique ne rassure pas l’Espagne et soulève des interrogations sur l’évolution des équilibres de puissance dans la région.

S’il écarte, à ce stade, un transfert du système de défense antimissile de l’OTAN vers le Maroc, il n’exclut pas son déploiement dans d’autres zones du flanc sud, ce qui pourrait, selon lui, poser de nouveaux défis stratégiques.

Des critiques internes sur la posture espagnole

Au-delà des questions régionales, l’ancien chef militaire a également critiqué la gestion de certains dossiers internationaux par le gouvernement espagnol, notamment en lien avec les tensions au Moyen-Orient.

Il a jugé que certaines positions politiques manquaient de cohérence avec les engagements internationaux de l’Espagne, appelant à une ligne plus claire en matière de défense et de diplomatie.

L'Espagne s’inquiète du rapprochement Maroc–États-Unis, selon l'ex-chef d’état-major espagnol Fernando Alejandre
© ABC

Inquiétude face à un possible mouvement marocain

Dans un alarmisme fortuit, la presse espagnole a alerté récemment sur les conséquences stratégiques du différend entre Madrid et Washington et évoque le rôle croissant du Maroc et des craintes espagnoles sur le dossier des présides occupés de Sebta et Melilia.

Lire aussi: Sebta et Melilia : un ex-responsable du Pentagone évoque une « marche verte » et ravive les tensions

La montée des tensions entre l’Espagne et les États-Unis suscite une inquiétude croissante dans les milieux politiques et militaires à Madrid, selon une analyse publiée récemment par le quotidien espagnol ABC.

Au cœur du différend figure la décision du gouvernement de Pedro Sánchez de refuser l’utilisation des bases militaires de Rota et Morón dans le cadre de l’opération militaire américaine contre l’Iran.

Un signal jugé négatif pour Washington

Selon le rapport, cette décision a conduit Washington à redéployer certains de ses avions vers d’autres bases européennes, un mouvement interprété par plusieurs experts comme un signal politique négatif dans un contexte international particulièrement sensible.

Des analystes estiment que cette situation pourrait affaiblir la confiance entre les deux alliés et avoir des répercussions sur la coopération militaire et économique.

Le facteur marocain dans les calculs stratégiques

Le journal évoque également les préoccupations exprimées par certaines sources militaires et diplomatiques espagnoles, qui estiment que toute détérioration durable des relations avec Washington obligerait Madrid à tenir davantage compte du rôle du Maroc dans l’équation régionale.

Selon ces analyses, le scénario le plus préoccupant serait un mouvement unilatéral marocain visant à exercer une pression diplomatique sur la question de Sebta et Melilia.

Cette inquiétude s’inscrit dans un contexte où Rabat a renforcé ses relations militaires et stratégiques avec plusieurs partenaires occidentaux.

Le spectre d’une « Marche verte du XXIᵉ siècle »

Dans ce contexte, certains analystes vont très loin en évoquant la possibilité théorique d’une mobilisation populaire massive inspirée de la Marche Verte, mais dirigée cette fois vers les présides occupés de Sebta et Melilia.

Lire aussi: Sebta et Melilia: inquiétude en Espagne face à un possible mouvement marocain pour récupérer ses présides

La référence renvoie à la Marche Verte de 1975, lorsque plus de 350.000 civils marocains avaient été mobilisés pour entrer dans le Sahara occidental afin de pousser l’Espagne à quitter le territoire.

Selon ces experts cités par la presse espagnole, une telle stratégie, même symbolique ou limitée, pourrait placer Madrid dans une situation délicate si le soutien américain ou celui de l’OTAN apparaissait incertain.

Une recomposition des alliances

Pour ABC, les évolutions géopolitiques actuelles illustrent une recomposition des alliances fondée sur la confiance et les intérêts stratégiques.

Lire aussi: Capacités militaires: l’Espagne face à la montée en puissance accélérée du Maroc

Dans une région marquée par une compétition croissante, toute fissure dans les relations internationales pourrait devenir un levier de pression dans des dossiers sensibles pour Madrid.

La décision de l’Espagne de fermer son espace aérien aux avions militaires américains impliqués dans les frappes contre l’Iran, selon des informations rapportées ce lundi 30 mars par le quotidien El País, citant des sources militaires, pourrait aggraver la crise entre Madrid et Washington.

Tensions avec Washington

Interrogé sur les conséquences potentielles de cette décision, le ministre de l’Économie, nommé vendredi vice-président du gouvernement Carlos Cuerpo, a indiqué que cette prise de position s’inscrit dans la ligne adoptée par le gouvernement espagnol.

Lire aussi: Espagne : la presse critique les déclarations de Benkirane sur Sebta et Melilia

Il a rappelé que Madrid refuse de participer ou de soutenir une guerre qu’elle considère comme unilatérale et contraire au droit international.

Le Premier ministre Pedro Sánchez s’est également opposé aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, les qualifiant d’illégales et d’imprudentes.

De son côté, le président américain Donald Trump a menacé de revoir les relations commerciales avec l’Espagne en réaction à ce refus de coopération militaire.

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