Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), a vivement…
Elections: Laftit répond à Benkirane et nie toute ingérence de l’administration en 2021
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Dans une réponse indirecte aux critiques d’Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti justice et développement (PJD), le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a fermement nié toute ingérence de l’administration dans les élections législatives et communales de 2021. Il a assuré que la réforme en cours des lois électorales ne constitue en rien une reconnaissance d’un manque de transparence du scrutin.
Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a réfuté toute ingérence de l’administration dans les élections de 2021, affirmant que la réforme des lois électorales en cours ne signifie en aucun cas que ces élections manquaient de transparence.
S’exprimant lors d’une réunion de la Commission de l’intérieur, des collectivités territoriales et des infrastructures à la Chambre des conseillers, ce vendredi, il a reconnu que certains acteurs avaient le droit d’émettre des doutes, tout en soulignant que ces suspicions ne reposaient sur aucun élément concret.
Une pique en retour à Benkirane
Cette mise au point intervient après la sortie virulente, dimanche dernier à Oujda, du secrétaire général du Parti justice et développement (PJD), Abdelilah Benkirane. Ce dernier avait reproché au ministre de l’Intérieur d’avoir « fait perdre au PJD entre 20 et 30 sièges en 2021 ».
Tout en maintenant un ton critique, l’ancien Chef du gouvernement avait toutefois souligné que ses relations personnelles avec Laftit demeuraient « bonnes », l’appelant simplement à ne pas « exagérer » dans la gestion des tensions politiques.
Focus sur la réforme
Laftit, de son côté, a choisi l’apaisement, évitant toute confrontation directe. Il a recentré ce vendredi son discours sur la nécessité de lutter contre la corruption électorale plutôt que de s’attarder sur les querelles partisanes. Il a donc préféré s’attaquer aux problèmes des élections, en particulier la lutte contre la corruption, plutôt que de rester dans la gestion des tensions politiques.
Dans cette veine, il a indiqué que l’article 6 du projet de loi organique n°53.25 constitue « le cœur » de la réforme de la loi organique n°27.11 relative à la Chambre des représentants, rappelant que l’approche adoptée s’inscrit dans le principe « prévenir la corruption vaut mieux que créer des opportunités susceptibles de l’alimenter ».
De la nécessaire moralisation de la pratique électorale
Avec un ton ferme, le ministre de l’Intérieur a insisté sur la nécessité de moraliser la pratique électorale au Maroc, estimant que les soupçons « détruisent la crédibilité de la politique » alors que, par essence, celle-ci repose sur des valeurs nobles. Il s’est dit prêt, au nom de son ministère, à collaborer avec toutes les institutions pour lever les obstacles dans ce domaine.
Laftit a indiqué que ce projet de loi arrive après de larges consultations et qu’il était impossible de retenir toutes les propositions émises. Selon lui, le texte dans sa forme actuelle représente un compromis équilibré, tout en laissant aux conseillers la possibilité de présenter des amendements pertinents.
Objectif : renforcer l’intégrité du processus électoral
Le ministre a souligné que l’objectif du gouvernement est clair : renforcer l’intégrité du processus électoral et protéger les institutions constitutionnelles, notamment le Parlement. Il a rappelé que les partis politiques doivent également être préservés, puisqu’ils constituent le lien essentiel entre les citoyens et l’État : « Si nous ne relevons pas la place des partis, nous n’avancerons dans aucun domaine, y compris le législatif », a-t-il averti.
Réagissant aux critiques relatives à la présomption d’innocence, Laftit a estimé qu’il ne fallait pas se focaliser uniquement sur ce point en oubliant l’objectif central, qui est de sécuriser l’institution législative. Il a ainsi précisé que les restrictions prévues sont limitées dans le temps et que les personnes concernées pourront se représenter une fois leur situation régularisée.
Augmentation des sièges : l’Intérieur n’y voit pas de mal
Le responsable gouvernemental a également répondu à des questions sur le nombre de sièges de la Chambre des représentants : « Nous ne serions pas opposés à en avoir davantage », a-t-il confié. Il s’est par ailleurs attardé sur les indemnités des parlementaires, qu’il a qualifiées de « datant du siècle dernier » et qui assuraient autrefois à leurs bénéficiaires un niveau de confort désormais révolu.
Abordant la question de la représentation des jeunes, Laftit a annoncé une nouvelle formule encourageant aussi la candidature des non-partisans. Il a toutefois souligné que les partis auraient dû, en premier lieu, s’accorder sur la désignation de jeunes dans les mêmes circonscriptions. Certaines mesures prises visent, selon lui, à éviter toute forme de dénaturation de ce mécanisme.
