Sahara : les États‑Unis ouvrent la voie à une révision du mandat de la MINURSO

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Mike Waltz
Mike Waltz

Devant le Congrès américain, l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, Mike Waltz, a annoncé une « revue stratégique » de la mission onusienne au Sahara. Entre volonté d’austérité budgétaire et remise en question de l’efficacité des Casques bleus, la mission présente depuis 1991 se retrouve sur la sellette.

Devant le puissant Committee on Appropriations de la Chambre des représentants, Mike Waltz, ambassadeur des États-Unis auprès des Nations unies, n’a pas mâché ses mots. Dans le viseur de Washington : l’efficacité — et surtout le coût — des opérations de maintien de la paix à travers le monde.

Alors que la FINUL au Liban est ouvertement promise à la suppression pour «ne pas avoir atteint ses objectifs», la MINURSO (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental) entre officiellement dans une phase de «revue stratégique». Pour les États-Unis, l’argument temporel pèse lourd. Waltz a rappelé que la mission est présente sur le terrain depuis plus de trois décennies — voire cinquante ans si l’on remonte aux origines du conflit évoquées lors de son audition. Une longévité sans règlement définitif du dossier qui semble désormais difficilement justifiable pour Washington, principal contributeur financier du budget onusien.

Cette annonce intervient dans un contexte de profonde mutation du dossier du Sahara. Alors que la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud est reconnue par les États-Unis, l’utilité d’une mission dont le nom renvoie encore à un « référendum » devenu caduc dans les faits est plus que jamais questionnée. La revue stratégique évoquée par Waltz pourrait déboucher sur une réduction drastique des effectifs et du budget, une adaptation du mandat pour l’aligner sur la réalité du terrain et le soutien au plan d’autonomie marocain, ou encore une menace de retrait à moyen terme en l’absence de progrès tangibles.

Lire aussi. Sahara : un think tank russe pointe un avantage croissant du Maroc face à l’Algérie

L’approche défendue par Mike Waltz confirme le virage pragmatique, voire radical, de la diplomatie américaine vis‑à‑vis du multilatéralisme. En conditionnant le maintien des missions à des résultats concrets, les États-Unis entendent mettre fin à ce qu’ils considèrent comme des dispositifs «statiques».

Si la MINURSO bénéficie d’un sursis par rapport à la FINUL, le signal envoyé à New York et aux acteurs du dossier est limpide : le statu quo n’est plus finançable. Pour Rabat, cette inflexion américaine pourrait ainsi constituer un levier supplémentaire pour conforter la dynamique politique en cours et refermer définitivement la parenthèse des approches dépassées..

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