Les syndicats de la santé dénoncent les suspensions à l’hôpital Hassan II d’Agadir

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La Coordination syndicale nationale du secteur de la santé dénonce la suspension de professionnels à l’hôpital Hassan II d’Agadir et rejette toute tentative d’imputer au personnel les failles du système de santé.

Les syndicats ont exprimé, dans un communiqué publié mercredi 8 octobre à l’issue d’une réunion avec le ministre de la Santé, leur profonde indignation face à la décision de leur tutelle de suspendre plusieurs cadres à la suite des décès survenus à l’hôpital Hassan II d’Agadir. Selon la Coordination, «le gouvernement et les politiques publiques menées dans le domaine de la santé sont responsables de la dégradation des services de santé».

Le communiqué précise que l’ordre du jour de la réunion, initialement prévu depuis plusieurs semaines, portait sur la mise en œuvre des points restants de l’accord signé le 23 juillet 2024 entre la Coordination et le gouvernement. Toutefois, l’urgence de la situation et les récents développements qu’a connus le secteur ont conduit à consacrer l’ensemble de la rencontre à la défense des professionnels suspendus et à la clarification des faits.

À l’issue de cette réunion, la Coordination a affirmé que la responsabilité de ce qui s’est produit à l’hôpital d’Agadir incombe aux défaillances structurelles d’un système de santé « affaibli par des politiques gouvernementales successives et inadaptées« .

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Elle dit rejeter catégoriquement la tentative de faire porter aux professionnels de santé la responsabilité de l’échec d’une gestion marquée par « un manque de ressources humaines, des budgets insuffisants, des infrastructures délabrées, un déficit en matériel et équipements, des conditions de travail inhumaines, une mauvaise gouvernance et l’absence de sens des responsabilités chez certains dirigeants« .

La Coordination condamne également la publication d’un communiqué par le ministère de la Santé annonçant la suspension de professionnels et la transmission du rapport de l’Inspection générale au parquet, une démarche qu’elle qualifie de «campagne de diffamation à l’encontre des personnes concernées».

Elle s’interroge, en outre, sur le silence de cette Inspection générale face aux cas de corruption dans le secteur, notamment dans la région du Souss, et sur son intervention soudaine pour accuser des professionnels de «manquements professionnels ayant conduit à la mort», alors que l’enquête est toujours en cours.

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Les syndicats estiment que cette stratégie vise à détourner l’attention de l’opinion publique en lui faisant croire que les problèmes du secteur peuvent être résolus par la suspension de quelques professionnels.

Ils appellent ainsi le gouvernement à engager une réforme structurelle et profonde du système de santé, fondée sur une véritable volonté politique, garantissant des services de qualité aux citoyens et des conditions de travail décentes aux professionnels, au lieu de leur faire porter l’échec du système.

Exprimant sa solidarité «inconditionnelle» avec les professionnels suspendus et demandant au ministère de lever ces suspensions tout en rétablissant le versement de leurs salaires, la Coordination appelle également à combler le vide juridique et réglementaire qui engendre des victimes parmi les citoyens et les professionnels, comme ce fut le cas à Agadir, en définissant clairement les missions et responsabilités, en promulguant un texte réglementaire sur le transport sanitaire, ainsi qu’une loi encadrant l’ensemble des professions de santé.

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