Après Agadir, Casablanca: la crise des hôpitaux gagne du terrain

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hôpital mère-enfant abderrahim Harrouchi
L'entrée de l'Hôpital mère-enfant Abderrahim Harouchi de Casablanca. ©DR

Au Maroc, les cris de détresse se multiplient dans le secteur de la santé. Des citoyens et professionnels ont brisé le silence après plusieurs décès suspects survenus dans des hôpitaux du Royaume. Après Agadir, la situation alarmante à l’Hôpital mère-enfant Abderrahim Harouchi de Casablanca a atterri au Parlement après le décès d’un nouveau-né.

La députée Najwa Koukouss a adressé une question écrite au ministre de la Santé et de la Protection sociale concernant la dégradation de la situation sanitaire au sein de l’Hôpital mère-enfant Abderrahim Harouchi de Casablanca. L’élue du PAM y souligne qu’après plusieurs relances sur le sujet, à travers des questions orales et des correspondances, la problématique persiste, notamment en ce qui concerne la détérioration et le désordre qui règnent au service de chirurgie pédiatrique.

Selon elle, une grande partie du problème réside dans l’insuffisance du nombre de chirurgiens pédiatres. Entre 2020 et 2025, 36 postes en chirurgie pédiatrique ont été ouverts lors du concours de résidanat, mais seuls six médecins résidents ont choisi d’y rester, les autres étant partis faute d’un environnement de travail adéquat. «Les nouveaux praticiens préfèrent exercer dans d’autres établissements plutôt qu’à l’hôpital Harouchi», déplore Koukouss.

À cela s’ajoute le fait qu’un seul médecin résident se retrouve généralement de garde, portant seul de lourdes responsabilités. «Une telle réalité rend impossible la prise en charge correcte de tous les cas avec un effectif aussi réduit», alerte la députée.

Lire aussi: Agadir: Tahraoui limoge la directrice régionale de la Santé et le directeur de l’hôpital Hassan II

Najwa Koukouss interpelle le ministre sur les mesures prévues pour dépêcher une commission d’inspection chargée d’évaluer la situation du service de chirurgie pédiatrique de l’hôpital Abderrahim Harouchi et pour répondre aux appels pressants de nombreux médecins. Elle insiste sur la nécessité de prendre des décisions urgentes afin de garantir la santé des enfants marocains.

Les médecins tirent la sonnette d’alarme

Cette situation a conduit une partie du corps médical à tirer la sonnette d’alarme. Ahmed Jarmoumi, chirurgien dans l’établissement, a récemment alerté, à travers des publications sur son compte Facebook, sur les conditions sanitaires dégradées et sollicité une intervention urgente des responsables. Selon lui, la persistance de ces conditions ne se limite pas à des répercussions internes touchant les médecins, mais elle constitue aussi une menace directe pour la santé des enfants et pour la qualité de la formation médicale dans le pays.

Au nom de ses collègues, le médecin a appelé les autorités et les responsables à sauver l’hôpital, et plus particulièrement son service de chirurgie pédiatrique dans un état «catastrophique».

Il a également dénoncé la fuite continue des médecins après leur intégration dans l’établissement, en raison de conditions de travail inadaptées et d’un environnement jugé toxique. Enfin, il affirme avoir reçu des menaces pour avoir brisé le silence, ce qui l’a poussé à solliciter l’intervention royale.

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