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Tehraoui interpellé sur la circulation du Ludiomil malgré son retrait officiel
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Le dossier du Ludiomil refait surface après les révélations de professionnels confirmant la poursuite de sa vente dans plusieurs pharmacies marocaines, et ce, en dépit d’un arrêté officiel de retrait pour cause de présence de nitrosamines, classées comme des substances potentiellement cancérogènes par les autorités sanitaires internationales. Cette situation soulève de sérieuses interrogations sur l’efficacité du dispositif national de contrôle des médicaments.
Un nouveau rebondissement vient relancer la polémique autour du médicament Ludiomil. Certaines pharmacies marocaines continuent de le vendre, alors qu’un arrêté de retrait a été pris par le ministère de la Santé en raison de la présence de nitrosamines, des impuretés classées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme cancérogènes probables pour l’être humain.
Commercialisation du Ludiomil, Tehraoui dans l’embarras
Face à cette situation préoccupante, la députée Touria Afif, du groupement Justice et développement (PJD), a adressé une question écrite au ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, l’interpellant sur les mesures concrètes prises pour garantir le respect effectif du retrait et la protection de la santé publique.
Selon la parlementaire, la Direction du médicament et de la pharmacie avait annoncé ce retrait en alignement avec la décision prise en France par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Toutefois, des constats récents sur le terrain révèlent la poursuite de la commercialisation du Ludiomil, ce qui met en évidence de graves défaillances dans les mécanismes de suivi et de contrôle.
Failles du système de pharmacovigilance marocain
Afif demande au ministre de préciser les actions de vérification et de retrait menées par ses services, ainsi que les contrôles indépendants effectués sur les lots encore disponibles sur le marché afin de confirmer ou d’infirmer la présence de résidus cancérogènes. Elle s’interroge également sur les sanctions prévues à l’encontre des pharmacies ou distributeurs qui ne respecteraient pas les décisions de retrait.
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Pour plusieurs observateurs, cette affaire met en lumière les failles persistantes du système de pharmacovigilance marocain, et relance le débat sur la transparence et la réactivité des autorités sanitaires face aux alertes internationales. Certains y voient aussi un test de crédibilité pour le ministre Tehraoui, interpellé à plusieurs reprises sur la lenteur de la mise en œuvre des retraits et sur la chaîne de responsabilité administrative.
Circulation du Ludiomil : quelle traçabilité ?
La nitrosamine, rappelons-le, est une molécule dont les effets cancérogènes ont été largement documentés par les agences européennes et américaines du médicament. Sa détection dans plusieurs traitements, notamment contre la dépression et l’hypertension, a conduit depuis 2018 à une série de retraits massifs dans plusieurs pays.
Dans ce contexte, le maintien en circulation du Ludiomil malgré un arrêté de retrait officiel soulève des questions majeures sur la gouvernance du marché pharmaceutique au Maroc, ainsi que sur la capacité des autorités à appliquer et faire respecter leurs propres décisions.
Si aucune action corrective n’est rapidement engagée, le dossier pourrait se transformer en véritable scandale sanitaire et politique, avec à la clé une audition parlementaire du ministre et un appel à renforcer la traçabilité et la transparence dans la distribution des médicaments.
