Un sit-in aura lieu devant le siège du Parlement à Rabat ce mardi 21 novembre…
Essaouira: dix manifestants interpellés lors d’un sit-in devant l’hôpital provincial
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Les forces de l’ordre ont procédé, dimanche à Essaouira, à l’interpellation de dix personnes qui participaient à un sit-in organisé devant l’hôpital provincial pour dénoncer la détérioration des services de santé dans la région.
Selon Omar Arbib, membre du bureau central de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), les personnes arrêtées comprennent quatre membres du bureau local de l’association, quatre adhérents, ainsi que des membres du comité préparatoire à l’origine de l’appel à manifester.
Le rassemblement, qui s’est tenu sous une forte présence policière, a été rapidement dispersé par la force publique, suscitant des protestations dans les rangs des militants qui y voient une restriction au droit à la manifestation pacifique.
Pour l’heure, les autorités locales n’ont publié aucun communiqué officiel sur les motifs des interpellations ni sur les éventuelles poursuites judiciaires à l’encontre des personnes arrêtées.
L’AMDH dénonce le recours à la répression
L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a vivement dénoncé le recours à la répression et aux arrestations pour faire taire les protestations citoyennes contre la crise du système de santé public.
Dans un communiqué parvenu à H24Infol, l’AMDH affirme que l’État a lancé une « campagne disciplinaire centralisée » dans plusieurs villes, dont Essaouira, Béni Mellal et Tata, afin de masquer l’incapacité des hôpitaux, y compris universitaires, à fournir le minimum de services médicaux, en raison de la vétusté des infrastructures, du manque d’équipements, de l’absence de personnel et de la pénurie de médicaments.
Une atteinte aux droits sociaux
Pour l’AMDH, le blocage préventif des protestations pacifiques constitue une pratique autoritaire répressive, visant à étouffer les revendications sociales légitimes des citoyens. L’organisation réaffirme son soutien à toutes les formes de mobilisation exigeant la mise en œuvre effective des droits fondamentaux, au premier rang desquels le droit à la santé, à l’éducation, à l’emploi, au logement et à une vie digne.
L’association appelle les autorités à :
- libérer immédiatement et sans conditions toutes les personnes arrêtées dans le cadre de ces manifestations,
- ouvrir une enquête impartiale et transparente sur les violations et dépassements sécuritaires constatés,
- garantir le droit à la protestation et à l’expression pacifique,
- et surtout à adopter une politique de santé publique efficace, répondant aux attentes des citoyens, en dotant les établissements hospitaliers des équipements nécessaires et en améliorant les conditions de travail du personnel médical.
Cette mobilisation s’inscrivait dans une série d’actions citoyennes dénonçant la situation critique du secteur de la santé à Essaouira, marquée par un manque de personnel médical, des retards dans la prise en charge et l’insuffisance des infrastructures hospitalières.
Série d’actions citoyennes
A Agadir, des centaines de citoyens et d’acteurs de la société civile ont manifesté dimanche dernier devant l’hôpital régional Hassan II pour dénoncer la dégradation des services de santé, après une série de décès de femmes lors d’accouchements par césarienne.
Les forces de l’ordre ont rapidement encerclé la manifestation, marquée par des slogans virulents tels que « Le peuple veut la fin de la corruption », « Honte, hôpital ou cimetière ? » ou encore « Le peuple veut des hôpitaux et pas des terrains de foot ».
Les protestataires ont réclamé plus de moyens humains et matériels, notamment dans les services d’urgences et de maternité, où six jeunes femmes ont récemment perdu la vie dans des circonstances controversées.
Un hôpital sous pression extrême
Selon des militants associatifs, le centre hospitalier régional (CHR) souffre d’une surcharge chronique due à l’afflux de patients venus d’autres régions, une grave pénurie de médecins et d’infirmiers ainsi que des dysfonctionnements répétés des équipements de diagnostic. Face à ce manque de moyens, de nombreux malades se tournent vers les cliniques privées, malgré des coûts souvent inabordables.

Réaction officielle et enquête
À la suite du cri d’alarme lancé par des citoyens lors de la manifestation d’Agadir, le ministre de la Santé, Amine Tahraoui, s’est rendu sur place mardi 16 septembre pour inspecter de près la situation.
Lors d’une conférence de presse organisée à l’issue de sa visite, le ministre a annoncé une série de mesures urgentes. Parmi les décisions immédiates, figurent la révocation du directeur de l’hôpital Hassan II, de la directrice régionale de la Santé ainsi que du délégué provincial de la Santé à Agadir Ida-Outanane.
Concernant l’absentéisme répété du personnel de santé, il a indiqué que des commissions disciplinaires seront chargées de traiter ce dossier. Et pour pallier la pénurie de médicaments et de matériel, il a affirmé qu’un stock suffisant a été mis à disposition et qu’un nouveau mode de gestion sera instauré afin d’éviter toute rupture à l’avenir.
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S’agissant des équipements médicaux en panne, le responsable a précisé que de nouveaux contrats seront conclus avec des sociétés spécialisées pour assurer leur réparation et leur maintenance régulière. Egalement, un nouveau scanner sera opérationnel d’ici une semaine afin de réduire la pression sur les services.
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Tahraoui a, en outre, dénoncé la faiblesse des prestations assurées par certaines sociétés privées. Face à quoi, il annoncer la résiliation des contrats de réception, de nettoyage et de sécurité pour non-respect des normes exigées, précisant que «de nouveaux appels d’offres ont déjà été lancés sur la base d’un cahier des charges plus strict».
Enquête sur les décès maternels
Concernant les décès récemment enregistrés, le ministre a révélé que l’Inspection générale du ministère a été dépêchée sur place afin d’enquêter sur les circonstances de ces drames. Les rapports finaux seront transmis au parquet, a-t-il ajouté.
Le responsable a insisté sur le fait que ces mesures ne constituent pas de simples solutions provisoires, mais s’inscrivent dans une réforme structurelle profonde visant à améliorer durablement le secteur de la santé. Une commission centrale a d’ailleurs été mise en place et travaille quotidiennement à l’hôpital pour établir un diagnostic précis et proposer des solutions concrètes.
Dans le même contexte, une enveloppe budgétaire de 200 millions de dirhams a été allouée à la réhabilitation de l’hôpital Hassan II.
Enfin, le ministre a annoncé la construction d’un nouvel hôpital universitaire à Agadir, d’une capacité de plus de 900 lits, destiné à désengorger l’hôpital Hassan II.
