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Université marocaine: les enseignants-chercheurs mobilisés contre la loi 59.24
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Les enseignants-chercheurs dénoncent une réforme jugée menaçante pour l’université marocaine et appellent à une mobilisation nationale contre le projet de loi 59.24.
Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESup) dénonce ce lundi, dans un communiqué, «l’absence de dialogue social» qu’il impute directement au gouvernement. Réunie la veille à la Faculté des sciences de Rabat, la Commission administrative du syndicat s’est insurgée contre le projet de loi 59.24, qu’elle considère comme une menace grave pour l’avenir de l’université publique.
Selon ces enseignants-chercheurs, ce texte, élaboré sans concertation préalable, incarne une «dérive néolibérale» qui fragilise les fondements de l’enseignement supérieur public.
بيان اللجنة الإدارية للنقابة الوطنية للتعليم العالي
الرباط، 14 شتنبر 2025
بيان اللجنة الإدارية للنقابة الوطنية…
Posted by خليل سعدي المغربي on Sunday, September 14, 2025
En introduisant des «alternatives payantes» et en affaiblissant les instances décisionnelles universitaires, le projet de loi serait synonyme de privatisation rampante. «Ce projet légalise la marchandisation du savoir et compromet l’accès équitable à l’éducation», dénonce le syndicat, qui exige son gel immédiat et sa réintégration dans un processus de dialogue inclusif.
Le SNESup fustige également l’attitude de la tutelle, accusée de ne pas honorer ses engagements antérieurs, notamment l’ouverture d’un «dialogue sérieux» sur la réforme du secteur.
La mise en œuvre unilatérale des nouveaux cahiers des charges pédagogiques nationaux, sans consultation des organes élus, est également perçue comme une atteinte directe à la gouvernance universitaire.
La contestation dépasse les campus universitaires
Les enseignants des centres de formation des cadres supérieurs, relevant du ministère de l’Éducation nationale, dénoncent eux aussi la rupture du dialogue et le non-respect de l’accord du 20 octobre 2022. Ils alertent sur la marginalisation croissante de leurs institutions et la remise en cause de leur vocation académique.
Le SNESup réaffirme les revendications de longue date des enseignants-chercheurs, notamment le traitement des dossiers de promotion en souffrance, la reconnaissance de l’ancienneté dans la fonction publique, la révision des grilles indiciaires et l’instauration d’une équité budgétaire entre les universités publiques et privées.
Face à cette impasse, le syndicat annonce une première grève nationale de 24 heures le 17 septembre, accompagnée de sit-in, de marches et d’une conférence de presse à Rabat. Il appelle dans ce sens à la constitution d’un «front national élargi» pour défendre l’université publique, invitant syndicats, étudiants et société civile à se joindre à la mobilisation.
