Washington pointe le maintien en « détention arbitraire » de Nasser Zefzafi

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Washington dénonce le maintien en « détention arbitraire » de Nasser Zefzafi
Nasser Zefzafi, figure du « Hirak du Rif », est détenu depuis 2017 © DR

Le rapport annuel 2024 du département d’État américain sur les droits humains, publié sous l’administration Donald Trump, estime que la situation au Maroc n’a connu aucune amélioration substantielle au cours de l’année écoulée.

Rédigé du temps de l’Administration Biden, le rapport du département de Marco Rubio pointe la persistance de problèmes jugés « majeurs », parmi lesquels : des allégations crédibles de torture, de mauvais traitements, d’arrestations arbitraires, ainsi que des restrictions sévères à la liberté d’expression et de la presse.

Pour la première fois, le département d’État américain ne distingue plus entre le Maroc et ce que ses rapports antérieurs qualifiaient de « Sahara occidental ». Publié sous l’administration Donald Trump, le rapport annuel 2024 souligne à la fois les défis en matière de droits humains et reconnaît implicitement la souveraineté marocaine sur son Sahara.

Libertés et presse sous pression

S’il rappelle que la Constitution garantit la liberté d’expression et de la presse, le rapport note que la critique de l’islam, de la monarchie ou de la position officielle sur le Sahara reste passible de prison ou d’amendes. Les autorités recourent, selon Freedom House, à des moyens financiers, juridiques et sociaux pour sanctionner les journalistes critiques. La presse en ligne, bien que légalement assimilée à la presse écrite, ne bénéficie pas de la même protection.

Le rapport cite des exemples de harcèlement et de diffamation visant des journalistes et militants, ainsi que des poursuites sélectives à caractère politique. Les noms de Taoufiq Bouachrine, Soulaiman Raissouni et Omar Radi sont mentionnés dans ce contexte.

« Le Comité pour la protection des journalistes a signalé un « harcèlement intense » à l’encontre de Taoufik Bouachrine, Soulaimane Raissouni et Omar Radi, principalement dans les médias pro-gouvernementaux », peut-on lire sur la synthèse du Rapport 2024.

Liberté numérique fragile

La liberté d’internet reste jugée « fragile », les internautes étant exposés à la surveillance, aux arrestations et à l’autocensure, en particulier sur les sujets liés au Sahara, à la monarchie ou à la religion. Les autorités multiplient les mises en garde, favorisant la montée de plateformes pro-gouvernementales qui contribuent à étouffer les voix dissidentes.

Droits des travailleurs et économie informelle

Sur le plan socio-économique, le rapport relève que 67,6 % de la main-d’œuvre marocaine opère dans le secteur informel, notamment dans l’agriculture, le textile et l’emploi précaire. Bien que le salaire minimum soit supérieur au seuil de pauvreté officiel, le nombre d’inspecteurs du travail est jugé insuffisant et la surveillance des conditions de travail inefficace.

Détentions arbitraires et cas Zefzafi

Malgré l’interdiction légale de l’arrestation arbitraire, le rapport dénonce des cas documentés, comme celui de Nasser Zefzafi, figure du « Hirak du Rif », détenu depuis 2017, ainsi que celui de 18 personnes impliquées dans les événements de Gdeim Izik en 2010. Les procédures judiciaires souffriraient de lenteurs, d’un manque de transparence et de réticence à recourir à la libération sous caution.

Lire aussi: Inédit: le rapport annuel 2024 du département d’État US ne fait pas de distinction entre le Maroc et son Sahara

Le rapport confirme l’existence de plaintes pour torture en 2024, dont certaines ont conduit à la condamnation de responsables de la sécurité, mais dénonce des enquêtes incomplètes et rarement publiques.

Lire aussi: Rapport annuel du Département d’État US: la version Trump minimise les crimes israéliens à Gaza

Minorités et réfugiés

Enfin, il indique que le Maroc coopère avec le HCR pour la protection des réfugiés, mais que la lenteur des démarches prive nombre d’entre eux de papiers d’identité. La communauté juive, estimée à environ 1 500 personnes, pratique librement sa religion, même si des tensions liées à la situation à Gaza en 2023 ont ravivé certaines craintes.

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