Le Pakistan promet une « réponse musclée » après une attaque afghane

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Shehbaz Sharif
Shehbaz Sharif

Le Pakistan a promis dimanche « une réponse musclée » à l’opération de représailles menée par l’Afghanistan contre ses forces dans la nuit à leur frontière commune.

Samedi soir, le ministère taliban de la Défense avait indiqué avoir mené « avec succès » une opération armée « de représailles » contre les forces de sécurité pakistanaises « en réponse à des violations répétées et frappes aériennes sur le territoire afghan par l’armée pakistanaise« .

« Il n’y aura aucun compromis sur la défense du Pakistan, et chaque provocation sera suivie d’une réponse musclée et efficace », a mis en garde dimanche le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif dans un communiqué, accusant Kaboul d’abriter des « éléments terroristes« .

« L’Afghanistan joue avec le feu et le sang« , a aussi mis en garde le ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi, assurant que son voisin recevra « comme l’Inde, une réponse écrasante afin qu’il n’ose plus jeter ne serait-ce qu’un regard hostile sur le Pakistan ». Le ministre faisait référence à la pire confrontation depuis des décennies avec son voisin indien, survenue en mai et dans laquelle les deux ennemis historiques avaient échangé tirs de missiles, envois de drones et barrages d’artillerie.

Lire aussi. Le Pakistan frappe l’Inde en repisote à des missiles indiens contre Islamabad

Islamabad, qui n’a pas confirmé être à l’origine des bombardements sur la capitale afghane et dans le sud-est du pays jeudi, avait indiqué samedi soir être attaqué à sa frontière. Il assurait avoir répliqué à des affrontements armés depuis les provinces afghanes de Kunar, Nangarhar, Paktia, Khost et Helmand, tout le long de la ligne Durand, qui divise les deux pays.

Kaboul avait finalement annoncé, autour de minuit heure locale, la fin de son opération.

Au petit matin, deux points de passage clés entre le Pakistan et l’Afghanistan, Torkham et Spin Boldak, où transitent notamment des  milliers d’Afghans expulsés ces derniers mois par Islamabad, étaient fermés, ont indiqué à l’AFP des hauts responsables afghans et pakistanais.

« Le poste-frontière de Torkham a été complètement fermé et le personnel civil à la frontière retiré, afin qu’il n’y ait pas de blessés en cas de nouveaux tirs« , a déclaré à l’AFP un haut responsable pakistanais sous couvert d’anonymat indiquant que des troupes paramilitaires supplémentaires ont été déployées.

« Le poste-frontière de Chaman a été fermé pour tous types de passages, douaniers ou humains par le Pakistan », a de son côté indiqué Mohammad Haqmal, responsable du département Information et Culture à la frontière de Spin Boldak, en Afghanistan.

Attaque nocturne

Les relations entre les deux pays sont en dent de scie depuis le retour au pouvoir des talibans afghans à l’été 2021, Islamabad, accusant son voisin « d’abriter » des talibans pakistanais (TTP).

Ce mouvement –formé au combat en Afghanistan et qui se revendique de la même idéologie que les talibans afghans– est accusé par Islamabad d’avoir tué des centaines de ses soldats depuis 2021.

Plus tôt samedi, le TTP a revendiqué des attaques meurtrières dans le nord-ouest du pays qui ont causé la mort de 23 personnes dont trois civils. Elles ont eu lieu vendredi non loin de la frontière avec l’Afghanistan, dans la province du Khyber Pakhtunkhwa.

Pour Islamabad, ce sont les talibans afghans, de retour au pouvoir à Kaboul depuis l’été 2021, qui favorisent cette résurgence du TTP.

Un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies publié plus tôt cette année estimait que le TTP « a sans doute été le groupe extrémiste étranger en Afghanistan qui a le plus profité » du retour des talibans afghans, « qui ont accueilli et activement soutenu » le mouvement.

Mais Kaboul dément fermement et renvoie l’accusation à Islamabad, assurant que le Pakistan soutient des groupes « terroristes », notamment la branche régionale du groupe Etat islamique (Daech).

Jeudi, le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Muhammad Asif, a déclaré au Parlement que les multiples tentatives pour convaincre les talibans afghans de cesser de soutenir le TTP avaient échoué.

« Nous ne tolérerons plus cela. Unis, nous devons sévir contre ceux qui les aident, que leurs cachettes se trouvent sur notre sol ou bien sur le sol afghan« , a-t-il martelé.

L’année 2024 a été la plus meurtrière pour le Pakistan en près d’une décennie, avec plus de 1.600 morts dans ces violences, principalement des soldats.

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