Vote sur l’accord franco-algérien de 1968: Alger « pas concerné pour le moment », selon Attaf

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Alger, privilèges diplomatiques, France, Paris
Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot (à gauche) reçu par le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf (à droite) au siège du ministère à Alger le 6 avril 2025. ©Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères de la France

Le ministre algérien des Affaires étrangères Ahmed Attaf a affirmé dimanche que l’adoption à l’Assemblée nationale française d’une résolution visant à dénoncer l’accord franco-algérien de 1968 était, pour le moment, une affaire « franco-française ».

« C’est attristant de voir un pays aussi grand que la France faire de l’histoire d’un autre pays, indépendant, souverain, l’objet d’une compétition électorale anticipée en France« , a dit Attaf dans un entretien à la chaîne d’information algérienne AL24. »Très sincèrement, j’ai beaucoup de respect pour l’Assemblée nationale française, mais lorsque j’ai vu ce vote (…), la première pensée qui m’est venue à l’esprit (est)  »la course à l’échalote se poursuit »« , a-t-il déclaré.

Jeudi, les députés français ont adopté une proposition de résolution du Rassemblement national (RN, extrême droite) visant à « dénoncer » l’accord franco-algérien de 1968, dans un geste symbolique.

Ce texte, non contraignant, a été adopté à une majorité d’une voix par la chambre basse du Parlement français, grâce à l’appui de députés des partis de droite LR et Horizons.

« Sur le fond, cette affaire est une affaire entre l’Assemblée nationale française et le gouvernement français. C’est une affaire intérieure, c’est une affaire franco-française. Elle ne nous concerne pas pour le moment« , a souligné le chef de la diplomatie algérienne.

Lire aussi. France-Algérie: l’Assemblée adopte un texte du RN contre l’accord de 1968

Attaf a toutefois précisé qu' »elle pourrait nous concerner si ça devient une affaire de gouvernement à gouvernement parce que l’accord de 68 est un accord intergouvernemental. C’est un accord international et le gouvernement français ne nous a rien dit à ce sujet et donc sur le fond, nous ne réagissons pas. »

« Nous n’avons rien vu venir et nous espérons ne rien voir venir« , a conclu le ministre algérien.

Cet accord, signé six ans après la fin de la guerre d’Algérie (1954-1962), crée un régime d’immigration favorable pour les Algériens, qui n’ont pas besoin de visa spécifique pour rester plus de 3 mois en France et accèdent plus rapidement que les autres étrangers aux titres de séjour pour 10 ans, y compris dans le cadre du regroupement familial.

Paris et Alger sont empêtrés depuis plus d’un an dans une crise diplomatique, à la suite de la reconnaissance à l’été 2024 par la France d’un plan d’autonomie sous souveraineté marocaine pour le Sahara.

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