Le président de l’Union des auto-entrepreneurs du Maroc, Zakaria Fahim, est notre Invité Eco de…
Auto-entrepreneurs: face aux propositions de Sekkouri, Zakaria Fahim réclame un changement de cap
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Zakaria Fahim réagit aux dernières mesures envisagées par le ministère de l’Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l’Emploi et des Compétences (MIEPEEC) afin de relancer le régime auto-entrepreneur. Le président de l’Union des auto-entrepreneurs (UAE) appelle à un changement de cap clair et assumé.
Pour Zakaria Fahim, président de l’Union des auto-entrepreneurs (UAE), la relance du dispositif auto-entrepreneur ne pourra se faire sans un choix politique fort : celui de faire confiance aux auto-entrepreneurs et de cesser de les paupériser.
Selon lui, le diagnostic posé récemment par le MIEPEEC ne fait que confirmer les alertes répétées de l’UAE. Lourdeurs administratives, fiscalité décourageante, seuils de chiffre d’affaires inadaptés, stigmatisation persistante… les obstacles sont connus, identifiés et documentés.
Mais pour Zakaria Fahim, la réponse ne doit pas consister à restreindre davantage le régime auto-entrepreneur. Au contraire, le président de l’UAE trouve qu’il faut lui redonner de l’oxygène et le repositionner comme un levier d’inclusion économique.
Dans cette optique, l’UAE réitère une série de recommandations. Première d’entre elles, le relèvement des seuils de chiffre d’affaires pour mieux coller aux réalités économiques, à l’image de ce qui se pratique en France ou au Canada. Fahim plaide également pour une fiscalité plus intelligente, avec des taux dégressifs post-amnistie, et ce, afin d’encourager la formalisation plutôt que de la freiner.
Il propose aussi de revoir la limitation du plafond de 80.000 dirhams par client, en l’appliquant seulement après deux ans d’activité, et non trois, pour laisser aux auto-entrepreneurs le temps de se lancer et de se consolider.
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Autre point de friction: la perception de l’essaimage, souvent assimilée à une fraude. A en croire le président de l’UAE, il s’agit au contraire d’un tremplin naturel vers des structures plus solides et créatrices d’emplois. Il appelle à ce tire à faciliter la transition vers d’autres formes juridiques, pour permettre aux auto-entrepreneurs de grandir dans un écosystème ouvert et dynamique.
L’accompagnement doit également être renforcé, avec un financement adapté, une formation ciblée, une digitalisation complète des procédures et une simplification de l’accès à la CNSS, suggère-t-il.
Zakaria Fahim prône un changement de culture
Au-delà des mesures techniques, notre interlocuteur insiste sur la nécessité d’un changement de culture: il faut inciter les auto-entrepreneurs à démarrer directement dans le formel, en les sensibilisant à une gestion rigoureuse dès le départ.
Il déplore en cela que «trop souvent, le chiffre d’affaires est confondu avec le bénéfice, ce qui fausse les anticipations et fragilise les parcours». Pourtant, «l’entrepreneuriat exige une compréhension claire des obligations et une capacité à anticiper les charges».
Fahim rappelle enfin que la loi sur le travail est suffisante pour sanctionner les abus ou les détournements du régime. Il juge ainsi inutile d’ajouter des couches réglementaires, qui risqueraient de pénaliser les auto-entrepreneurs honnêtes, soit «ceux qui créent de la valeur et de l’emploi». Ce qu’il appelle de ses vœux, c’est une application équitable de la loi, fondée sur la confiance et la reconnaissance.
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Il est donc clair, pour l’UAE, que restaurer la confiance, libérer l’initiative et donner au régime auto-entrepreneur les moyens de redevenir un moteur d’inclusion économique et sociale, reste le véritable enjeu. Et cela passe, avant tout, par une volonté politique affirmée.
Il faut rappeler qu’une note attribuée au ministre Younès Sekkouri a égrainé une liste d’entraves à l’essor des auto-entrepreneurs, apportant dans le même temps des pistes de solutions possibles.
Le régime d’auto-entrepreneur, adopté il y a quelques années pour résorber la question du chômage, est dans une impasse. Chaque année des milliers d’auto-entrepreneurs quittent ce régime qui intéresse de moins en moins les Marocains.
Une situation qui contraste bien avec les attentes et est en déphasage avec les résultats obtenus par d’autres pays ayant adopté le même régime, comme la France et le Canada.
