Candidats uniques à la présidence de la CGEM, Chakib Alj et Mehdi Tazi viennent d'être…
Qui veut la peau de Chakib Alj ?
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Depuis quelques mois, un nom revient en boucle dans la presse marocaine, celui de Chakib Alj. Dans les colonnes des médias, on décortique l’affaire dite des «Jeunes maçons», du nom porté par l’entreprise dont le patron des patrons est devenu actionnaire passif en 2021.
En 2023, l’entreprise de BTP fondée en 2016 est en proie à une sérieuse crise financière qui entraîne le départ de son fondateur et gérant. Chakib Alj sauve les meubles pour ainsi dire en rachetant ses parts, chose qu’il n’était pas tenu de faire, et surtout, en mettant la main à la poche pour éponger la dette accumulée au fil des ans et préserver les employés issus de petites et moyennes entreprises qui souffrent de retard de paiement. La situation est grave.
Mais le président de Cap Holding, dont LJM (Les Jeunes Maçons) est une filiale, ne va pas y rester sourd, contrairement à ce que relaie une certaine presse, faisant abstraction de pans entiers du dossier au point de semer le doute quant aux motivations qui les animent. En effet, on a tôt fait de présenter Chakib Alj comme responsable des impayés de LJM, sans tenir compte du fait que celles-ci sont antérieures à son rachat des parts de l’ancien gérant. Faut-il rappeler qu’un actionnaire passif est un associé qui ne participe pas activement aux affaires de la société, et n’est donc pas impliqué dans sa gestion ?
Face à Chakib Alj, ce même traitement médiatique de l’affaire tend à valoriser dans le rôle du défenseur des TPME Abdellah El Fergui, président de la confédération marocaine des TPE-PME, dans une affaire transformée en pseudo-cause d’opinion publique. Par la même occasion, on oublie vite le fait que depuis son élection à la tête de la CGEM, Chakib Alj se trouvait en première ligne pour défendre les intérêts des entreprises, et en particulier des TPME, et ce en pleine crise du Covid, en période d’inflation galopante, face aux banques ou sur la question cruciale des délais de paiement. Gare à l’indignation variable, surtout quand elle a besoin d’exister sous les projecteurs.
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Mais ce qui nous dérange aussi, et surtout, c’est le lien établi entre Chakib Alj et l’affaire récente – et toujours pas instruite – dans laquelle est impliquée son fils M’Hammed, relative au présumé viol d’une ressortissante française lors d’une soirée à Casablanca. Pour parler de l’affaire qui concerne le fils, dont on a livré le nom en pâture alors même qu’il est, rappelons-le, présumé innocent, certains s’attachent à mettre en avant la figure du père en photo, pour illustrer l’affaire. Un choix qui fait vendre assurément et c’est tout ce qui compte, quitte à influencer l’opinion publique de manière sournoise.
Que dire de ces gros titres racoleurs qui évoquent un «viol collectif», induisant l’opinion publique en erreur. En effet, dans la plainte déposée en France, la présumée victime ne fait à aucun moment mention de M’hammed Alj et ne l’accuse pas de viol. Mais qu’à cela ne tienne, la détention préventive des trois hommes cités dans deux plaintes différentes se transforme en aveu de culpabilité, alors même que la justice s’emploie à établir la vérité dans une affaire qui comporte de très nombreuses zones d’ombre et incohérences.
Enfin, quitte à enfoncer le clou un peu plus, participant à ce qui s’apparente de plus en plus à de l’acharnement, on a tôt fait aussi de parler du père afin d’établir des liens tordus entre le comportement de l’un, présenté avant l’heure comme un criminel, et le comportement de l’autre, présenté quant à lui comme le patron qui a signé l’arrêt de mort des TPME. Quel est le lien entre les deux affaires ? Aucun, si ce n’est la volonté de salir en faisant abstraction totale du fait que dans cette affaire, Chakib Alj est dans son rôle de père et qu’à ce titre, il convient de respecter un tant soit peu la notion de vie privée.
