Gouvernance: le Maroc se dote d’un nouveau code pour booster la compétitivité des entreprises

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Bonne Gouvernance Karim Zidane
Karim Zidane, Ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Evaluation des Politiques Publiques (MICEPP)

Le nouveau code des bonnes pratiques de gouvernance des entreprises a été présenté hier mercredi à Casablanca par le gouvernement et le patronat. Le rôle de la bonne gouvernance, son impact et les spécificités dudit code ont été étayées par les différents intervenants lors de l’ouverture de la cérémonie.

Premier à intervenir, le ministre délégué chargé de l’Investissement, de la Convergence et de l’Evaluation des Politiques publiques (MICEPP), Karim Zidane, a présenté ce nouveau code comme  «une étape déterminante pour le renforcement de la confiance au sein de l’entreprise économique». Il a rappelé que les premiers codes publiés en 2008 avaient marqué «une étape décisive dans l’ancrage des principes de transparence, de responsabilité et de performance».

Le nouveau dispositif se décline en un code général de bonne gouvernance, accompagné de cinq codes sectoriels couvrant les entreprises publiques, les établissements de crédit, les sociétés faisant appel public à l’épargne, les assurances et les très petites, petites et moyennes entreprises (TPME). A propos du dernier code sectoriel, le ministre a noté qu’il «constitue un levier essentiel pour soutenir ces structures dans leur trajectoire de performance, de productivité et de compétitivité».

Défendant un code arrimé aux standards de l’Union européenne, Zidane n’a pas manqué de signaler que le principal défi aujourd’hui est dans la mise en œuvre. Ce qui passera, dira-t-il, par des programmes de sensibilisation, de communication et de formations ciblées. Des guides pratiques, une plateforme numérique et des mécanismes de suivi sont également prévus, dans un alignement avec les standards de l’UE et de l’OCDE.

Inclusion et performance: la vision du patronat

A son tour, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Chakib Alj, a insisté sur l’inclusion, dans ce code, des PME, TPE et entreprises familiales, qui représentent plus de 90% du tissu national. Pour lui, il urge que ces différentes typologies se l’approprient, car leur crédibilité et leur intégration dans les chaînes de valeur internationales en dépendant.

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Parlant des avancées majeures qu’apporte ce nouveau code, le patron des patrons a mis en relief le rôle stratégique des conseils d’administration, la professionnalisation des administrateurs indépendants, les exigences accrues en matière de gestion des risques et la prise en compte des critères ESG. Il a relevé quelques chiffres attestant de la pertinence de ces points: plus de 80 % des investisseurs internationaux affirmant tenir compte des critères ESG, quelque 73 % des entreprises publient des informations RSE; environ 91% disposent d’un administrateur indépendant; et le taux de féminisation des Conseils atteint désormais 29%, soit un bond de 8 points en deux ans.

«Les entreprises bien gouvernées affichent une croissance supérieure de 11 % en moyenne», a défendu Chakib Alj, appelant à faire de ces différents codes «des outils vivants, intégrés dans les pratiques quotidiennes».

Gouvernance publique: catalyseur de performance

CBPGE Chakib Alj CGEM

Donnant de l’eau au moulin de Chakib Alj, Abdellatif Zaghnoun, directeur général de l’Agence nationale de gestion stratégique du portefeuille de l’Etat (ANGSPE), a affirmé qu’une gouvernance de qualité constitue un levier essentiel de compétitivité, de transparence et de prévisibilité. Il a poursuivi en présentant quelques avancées opérées par le Maroc en la matière: l’augmentation du nombre de comités spécialisés de 96 en 2023 à 145 en 2025, ainsi que d’administrateurs indépendants avec 18 établissements publics en disposant contre 2 auparavant, tandis que 17 autres sont en cours de nomination.

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Toujours au nombre des avancées, Zaghnoun a mis en avant la création d’un label dédié à la gouvernance des établissements et entreprises publics (EEP). Il a en outre présenté les résultats tangibles de ces actions et soutenu que «l’ambition n’est pas uniquement de structurer la gouvernance, mais de l’élever au rang de véritables catalyseurs de performance, d’agilité et de durabilité du secteur public».

Gouvernance des marchés : colonne vertébrale du développement

Clôturant les allocutions, Tarik Senhaji, président de l’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC), a salué l’évolution de la perception de la gouvernance. Autrefois perçue comme un processus pour accéder à des investissements ou obtenir un visa, elle s’impose désormais comme «la colonne vertébrale du développement de notre entreprise».

Pour lui, il ne fait aucun doute que les résultats sont tangibles. Il en veut pour preuves le record qu’a atteint l’intervention des entreprises publiques sur le marché de la dette et du capital sans garantie de l’État, ainsi que le fait que six des huit dernières introductions en bourse ont été portées par des fonds d’investissement.

Toutefois, Senhaji a insisté sur l’approche inclusive, soulevant la fragilité des entreprises familiales après la deuxième génération. De quoi emmener tous les acteurs à ne pas considérer les obligations liées à la bonne gouvernance «comme des contraintes additionnelles, mais comme de véritables leviers de performance, de compétitivité et d’attractivité».

Enjeux et perspectives

De l’État au patronat, en passant par les régulateurs, tous les intervenants ont convergé vers un même constat: la gouvernance est désormais un actif stratégique pour l’économie marocaine. Elle renforce la confiance, structure la compétitivité et conditionne l’attractivité internationale. Les nouveaux codes apportent une architecture claire, adaptée à toutes les catégories d’entreprises, et introduisent des standards modernes: ESG, mixité, administrateurs indépendants, transparence accrue.

Le défi reste l’appropriation. Comme l’a rappelé le ministre Karim Zidane, «il nous revient désormais collectivement, dans un esprit de responsabilité et de coopération, de veiller à leur mise en œuvre effective et à leur appropriation par l’ensemble du tissu économique national».

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