France: Rima Hassan jugée mardi pour apologie du terrorisme

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Cette capture d'écran d'une vidéo d'AFPTV montre Rima Hassan, député européen franco-palestinien, s'adressant à des journalistes après sa libération de garde à vue à Paris, le 2 avril 2026. (Photo : Nassim Gomri / AFP)

Apologie du terrorisme ou liberté d’expression ? L’eurodéputée LFI Rima Hassan sera jugée mardi à Paris pour un tweet évoquant l’auteur d’un attentat en Israël. Un procès que l’élue et ses soutiens dénoncent comme « politique », visant à « intimider » les voix propalestiniennes.

La justice reproche à la militante pour la Palestine, élue eurodéputée en 2024 à l’issue d’une campagne marquée par le 7-Octobre et la guerre dévastatrice menée par Israël dans la bande de Gaza, un post publié sur son compte X fin mars dans lequel elle mentionnait le Japonais Kōzō Okamoto.

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Dans ce tweet, ensuite supprimé, l’élue insoumise de 34 ans reprenait des propos attribués à l’ancien membre de l’Armée rouge japonaise (ARJ), l’un des auteurs de l’attaque perpétrée le 30 mai 1972 au nom du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) à l’aéroport de Tel-Aviv, qui avait tué 26 personnes.

« Kozo Okamoto: J’ai consacré ma jeunesse à la cause palestinienne. Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir », écrivait Mme Hassan dont les propos ont été signalés au parquet par le ministre de l’Intérieur, puis l’Organisation juive européenne (OJE) et la Licra.

« C’était normal de faire un signalement (…) le tweet de Mme Hassan est grave (…), il n’y a pas d’acharnement », avait fait valoir la place Beauvau, affirmant qu’il ne « fallait rien laisser passer ».

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Fuites dans la presse

De son côté, l’avocat de Rima Hassan, Me Vincent Brengarth, dénonce « la criminalisation d’une voix propalestinienne parce qu’elle est forte et qu’elle dérange ».

Rima Hassan: un procès contre la liberté d’expression ? 

Le procès de mardi sera « majeur du point de vue de la liberté d’expression », estime Me Brengarth, interrogé par l’AFP.

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L’eurodéputée a posté dimanche sur X une tribune de soutien, exigeant la « fin du délit de Palestine », signée selon elle par « plus de 210 personnalités », dont la Prix Nobel de littérature, Annie Ernaux, l’ex-ministre Christiane Taubira, le chanteur Benjamin Biolay ou encore le réalisateur Xavier Dolan et l’écrivaine Virginie Despentes.

Lire aussi. France: Rima Hassan saisit le Défenseur des droits après sa garde à vue

La convocation et le placement en garde à vue de Rima Hassan le 2 avril avait eu un fort retentissement politico-médiatique.

Son avocat avait fustigé une garde à vue « parfaitement illégale » en raison d' »un dévoiement de la procédure en flagrance par le parquet » pour « contourner » son immunité parlementaire.

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Par ailleurs, des fuites dans la presse avaient fait état de la présence de drogue de synthèse dans son sac. Mais l’enquête sur une éventuelle détention de stupéfiants les avait démenties par la suite.

L’élue franco-palestinienne a porté plainte début avril, dénonçant une violation du secret de l’enquête.

Elle a également saisi le Défenseur des droits pour dénoncer de « graves manquements déontologiques » de la part des policiers lors de sa garde à vue, comme un placement en geôle sans « nécessité« , des recherches « disproportionnées » de sa géolocalisation sur trois mois, ou encore des questions sur sa pratique religieuse et les valeurs de la République.

Appel au rassemblement

Le placement en garde à vue de Rima Hassan avait par ailleurs suscité une levée de boucliers dans les rangs de La France insoumise. Jean-Luc Mélenchon avait alors dénoncé une « police politique », tandis que Manon Aubry avait vilipendé un « harcèlement judiciaire ».

Le mouvement de gauche radical appelle sur les réseaux sociaux à « un rassemblement en soutien aux voix solidaires de la Palestine » mardi midi devant le tribunal de Paris, juste avant l’ouverture du procès de l’eurodéputée.

« Ce procès est politique. Il vise à intimider toutes celles et ceux qui refusent le silence face aux crimes israéliens« , a fustigé lundi Rima Hassan dans un message sur X.

L’élue « a fait l’objet de 16 procédures clôturées par le pôle national de lutte contre la haine en ligne », dont « 13 procédures ont été classées sans suite », avait indiqué le parquet de Paris début avril.

Selon cette même source, Rima Hassan « est également mise en cause dans six autres procédures toujours en cours, soit au parquet, soit confiées à la BRDP », la brigade de répression de la délinquance contre la personne.

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