Maroc: les femmes gagnent 42 % de moins que les hommes dans le secteur privé

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Maroc: les femmes gagnent 42 % de moins que les hommes dans le secteur privé
Photo d'illustration © Tima Miroshnichenko/Pexels

Un nouveau rapport alerte sur des inégalités salariales persistantes : dans le secteur privé, la différence atteint l’équivalent de trois mois de travail non payé par an pour les femmes.

Le fossé salarial entre les sexes au Maroc demeure alarmant, surtout dans le secteur privé où il atteint 42,8 %, selon un rapport publié en août 2025 par la chercheuse Maria Charaf. Ce chiffre équivaut, pour les femmes, à trois mois de travail non rémunéré chaque année. Le taux national de l’écart salarial est estimé à 23 %, confirmant que l’égalité professionnelle reste un défi majeur.

Ce constat figure dans le guide pratique intitulé «Egalité Pro, STOP aux ECARTS», conçu pour offrir des outils concrets aux entreprises, syndicats et administrations afin de corriger ces disparités.

Une participation féminine marginale au marché du travail

Selon la Haut-Commissariat au Plan (HCP), le taux d’activité des femmes n’a pas dépassé 15,3 % en 2024, dont près de la moitié concerne des travaux familiaux non rémunérés.

© HCP

Le taux d’emploi salarié des femmes plafonne à 6,6 % seulement, révélant une intégration fragile des femmes dans le marché du travail, malgré les réformes légales récentes.

Sous-représentation dans les postes de responsabilité

Les femmes occupent seulement 28 % des postes de responsabilité dans la fonction publique et 20 % des emplois supérieurs (2022). Dans le privé, 12,8 % des entreprises sont dirigées par des femmes (2019), malgré la mise en place de la loi sur le quota visant 30 % de représentation féminine dans les conseils d’administration à partir de 2024.

Un écart salarial massif, même pour les cadres

En matière de rémunération, l’étude relève que :

·         Salaire moyen dans le privé : 3.360 DH pour les hommes, contre 2.800 DH pour les femmes (HCP, 2019).

·         La moitié des femmes perçoivent ≤ 2.800 DH/mois.

·         Écart chez les cadres supérieurs : 38 %, contre 30 % chez les ouvriers non agricoles.

·         Même dans la fonction publique, plus homogène, l’écart atteint 2,4 %.

Ces inégalités s’accentuent avec l’âge et la progression professionnelle.

Un guide pratique et des solutions concrètes

Le rapport ne se limite pas au diagnostic: il propose un « kit d’outils » comprenant :

·         Méthodes d’évaluation objective des postes (compétences, responsabilité, conditions de travail).

·         Matrices pour mesurer les écarts et plans d’action pluriannuels.

·         Tableaux de bord annuels pour le suivi et la transparence.

Il s’inspire également de modèles étrangers (Islande, France, Canada) et des initiatives marocaines existantes, comme la « prime à l’égalité professionnelle » du ministère de l’Emploi et la « budgétisation sensible au genre » du ministère des Finances.

Un enjeu économique et social majeur

Réduire les écarts salariaux n’est pas qu’une question de droits, mais aussi un impératif économique, souligne la chercheuse. Selon la Banque mondiale, l’alignement du taux d’emploi féminin sur celui des hommes pourrait augmenter le PIB par habitant de 40 %.

« L’égalité ne se décrète pas, elle se construit avec un diagnostic rigoureux, un plan clair et un suivi public et transparent », insiste l’ingénieur en Conception et Fabrication Mécanique ​​Maria Charaf.

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