Nadia Fettah: face à la crise au Moyen-Orient, «nous avons le plan d’action qu’il faut»

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Nadia Fettah Maroc
La ministre de l'Economie et des Finances, Nadia Fettah. © DR

Invitée su le plateau de BFM Business, la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a rassuré sur la capacité du Maroc à absorber les secousses liées au conflit actuel au Moyen‑Orient.

«Nous déplorons évidemment cette crise, mais notre économie a prouvé sa résilience», affirme d’emblée Nadia Fettah, rappelant que le Royaume dispose de réserves de change solides et d’un mix énergétique de plus en plus vert. Quoique le pétrole ait déjà dépassé les hypothèses budgétaires fixées à 65 dollars le baril, la ministre insiste: «L’impact est contenu et nous avons les moyens de le confronter avec nos finances publiques.»

Interrogée sur l’éventuel effet de la crise sur l’investissement étranger, Nadia Fettah balaie les inquiétudes. «Le Maroc a un actif considérable: sa stabilité politique et économique. Nos partenaires savent qu’ils peuvent compter sur nos talents, notre énergie verte et notre connectivité aux marchés mondiaux», répond-elle, assurant que le pays reste une base d’investissement fiable dans un monde turbulent. «L’opportunité est là, même dans un moment douloureux.»

Sur le paradoxe d’un modèle visant à attirer les capitaux étrangers, d’un côté, tout en stimulant les champions nationaux, de l’autre, elle défend la stratégie duale du Maroc: «Ce n’est pas contradictoire. Les investisseurs recherchent des écosystèmes solides, et nous avons démontré que l’automobile et l’aéronautique pouvaient générer des PME locales compétitives.» Chose qu’elle illustre avec l’annonce des deux projets majeurs en six mois de Safran, comptant pour 500 millions d’euros d’investissement et près de 800 emplois. «Nous voulons dupliquer cette réussite vers d’autres industries: batteries électriques, énergies renouvelables, textile, et bien sûr agriculture et tourisme», ajoute la responsable.

Nadia Fettah: le Maroc, un partenaire stratégique dans un monde fragmenté

Au‑delà de l’économie, Nadia Fettah rappelle la vocation du Maroc à dialoguer avec l’ensemble des pôles mondiaux. «Nous sommes un pays ouvert, crédible et fiable. Ce ne sont pas des stratégies opportunistes, mais des choix constants», affirme-t-elle, évoquant les relations solides avec l’Europe, les États du Golfe, les États‑Unis et la Chine. «Dans un monde fragmenté, notre stabilité rassure. Nous sommes dans le temps long.»

Lire aussi. Guerre au Moyen-Orient/Amine Maamri (APSB): «La volatilité actuelle ne remet pas en cause la solidité des entreprises cotées ni les fondamentaux économiques du Maroc»

Enfin, la ministre évoque la perspective de la Coupe du monde de football 2030, organisée conjointement avec l’Espagne et le Portugal. «C’est une célébration, mais surtout une opportunité de mieux cadencer nos investissements», explique-t-elle, soulignant que cet événement doit être un héritage durable pour les populations et les territoires. «Ce n’est pas seulement un grand rendez‑vous sportif, c’est un projet de développement. Les bénéfices arrivent dès aujourd’hui, notamment dans le tourisme», conclut la ministre.

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