PME: la recette de l’APEBI pour résorber le déficit de profils qualifiés

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crise de profils qualifiés
6 chercheurs d'emploi sur 100 se laissent attirer par les PME, créant une crise des compétences qualifiées pour ces dernières

Face à la pénurie de compétences qui freine le développement des TPME, des startups et du secteur de l’offshoring, l’APEBI propose une stratégie articulée autour de l’adéquation entre formation et besoins du marché. Son président, Redouane El Haloui, plaide pour une meilleure implication des professionnels dans l’élaboration des programmes et la mise en place d’un institut dédié à la formation des formateurs.

«Les besoins en compétences concernent tout le monde», répond d’emblée Redouane El Haloui à la question de savoir quelles sont ses propositions pour adresser la crise des compétences dans les PME. Pour le président de l’APEBI, il importe de reconnaître la prégnance de cette problématique qui mine également d’autres écosystèmes, notamment ceux des startups et de l’offshoring.

Mais «la bonne nouvelle, ajoute-t-il, c’est que nous avons toute une stratégie, toute une recommandation là-dessus, avec l’Organisation internationale du travail», rassure-t-il, ajoutant que cette stratégie se résume à «l’adéquation entre les besoins des professionnels et les formations».

Pour y parvenir, le président de l’APEBI mise sur deux leviers essentiels. Le premier est «la mise en place d’un référentiel de compétences, validé par les professionnels». Sur ce point, notre interlocuteur se veut on ne peut plus clair: «Arrêtons de former sans consulter les professionnels, parce que les métiers évoluent très vite.»

En effet, seuls ces derniers savent réellement ce qui se passe sur le terrain et les spécificités nécessaires en termes de compétences pour remplir telle ou telle fonction. «Quand je vois des universités qui créent des filières ou qu’il y a des programmes qui se mettent en place avec des études dans lesquelles nous ne sommes pas conviés, on a un problème. Parce qu’au final, on va nous demander de les recruter», déplore-t-il.

La solution pour pallier ces dysfonctionnements serait, selon El Haloui, de réunir les professionnels et l’ensemble des acteurs de la formation, qu’il s’agisse des universités, des écoles publiques et privées, des centres de formation publics et privés ou encore de l’OFPPT, autour d’une même table. En un mot, associer toutes les parties prenantes à la gouvernance. «Nous leur disons ce dont nous avons besoin, et ils forment par rapport à ces besoins.»

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El Haloui précise toutefois que cette gouvernance collégiale n’a pas vocation à devenir une ingérence dans les aspects didactiques ou pédagogiques. «On ne se substitue pas aux acteurs de la formation. La pédagogie, c’est leur expertise, ce n’est pas notre expertise. Notre expertise, ce sont les hard skills. C’est ce dont nous avons besoin sur le terrain.»

Le second levier sur lequel repose la stratégie de développement des compétences en faveur des écosystèmes PME, startups et offshoring est celui des formateurs. Ces derniers constituent «une ressource très importante mais que les gens oublient», selon le président de l’APEBI, qui ajoute que l’évolution ultra-rapide des métiers rend les formateurs indispensables.

Dans ce sens, «nous avons proposé la mise en place d’un institut de formation de formateurs», lance El Haloui. D’où viendront ces formateurs? «Du secteur privé», répond-il, indiquant que «c’est aussi un moyen pour nous de permettre à nos experts, qui connaissent le terrain, d’aller aussi dans cette voie-là. Ils vont nous aider à former des enseignants qui seront mis à jour par rapport aux besoins des professionnels.»

Cette question des compétences est urgente, d’autant plus que le déficit actuel observé occasionne un manque à gagner pour les entreprises. Dans la filière offshoring, par exemple, El Haloui fait savoir que «nos membres freinent encore des projets parce qu’il n’y a pas suffisamment de compétences. Quand ils voient qu’ils n’ont pas les ressources nécessaires, ils ne vont pas se ruer vers les opportunités business. Ça va de pair: business, marché, adéquation avec les compétences.»

Donnant une évaluation chiffrée des besoins en profils qualifiés, le patron de l’APEBI indique qu’ils se situent actuellement dans l’ordre du dizaine de milliers. Un chiffre fortement susceptible de croître avec les opportunités business. Quant aux profils recherchés, les développeurs occupent la tête de liste, avec une exigence en termes d’expérience de moins en moins élevée.

Il explique: «Un développeur avec sept, huit ou dix ans d’expérience, c’était assez difficile à trouver avant 2023. Aujourd’hui, en prenant des expérimentés avec un ou deux ans d’expérience, l’intelligence artificielle va augmenter leur productivité. On va se retrouver avec des profils qui ont certes deux ou trois ans d’expérience, mais avec des outils qui augmentent leur performance, ils peuvent être assimilés à des développeurs avec huit ou dix ans d’expérience.»

En tout état de cause, El Haloui défend avec conviction sa stratégie pour combler le déficit en compétences et en profils qualifiés observé dans les PME, précisant que «l’APEBI a travaillé quatre années durant avec l’Organisation Internationale du Travail» pour aboutir aux recommandations susmentionnées. Il rappelle à cet effet que son organisation a été l’une des deux fédérations cooptées au Maroc par l’OIT dans le cadre d’un programme pilote mené en Afrique du Nord et portant sur le gap formation – emploi. Le second organisme marocain est la Fédération nationale de l’agroalimentaire (FENAGRI).

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